‹ Madame, mère du régentChapitre 133 sur 220 · Phrase supprimée dans l'édition allemande · texte numérisé non relu

Phrase supprimée dans l'édition allemande

un ingrat; il témoignait à sa femme une estime profonde, une parfaite confiance, et s'intéressait à son bien-être. Était-elle de celles à qui cela suffit? Tout ce qu'on peut dire, c'est que les deux époux, en fin de compte, s'arrangeaient très bien ensemble.

Pour des esprits ainsi faits, c'était folie pure de crier ses affaires de ménage sur les toits et de mettre toute l'Europe dans la confidence de ses querelles. Liselotte reçut lettre sur lettre où sa tante Sophie la tançait d'importance. Comme elle ne répondait point, ne pouvant prendre sur soi de reconnaître ses torts, la duchesse appela à son aide le raugrave Carl-Lutz, qui venait de partir pour Paris : « (7 novembre 1682.) Les nouvelles que nous avons de France nous apprennent votre arrivée à Paris, et qu'il y a un nouveau démêlé entre Monsieur et Madame. J'en suis au désespoir; on dit qu'elle dit hautement qu'elle sait bien qu'on l'empoisonnera comme on a fait à feue Madame * ; mais au lieu de l'appréhender, elle le souhaite. Ce sont des discours qui ne peuvent être fort agréables [à] Monsieur, et qui ne partent pas d'un cerveau bien timbré. Je lui écris fort franchement sur ce sujet; je vous prie de me seconder; je lui ai mis l'exemple de Madame sa mère sous les yeux, sans la flatter. Si elle se sépare, elle se trouvera aussi méprisée qu'elle dans le monde ^. »

L'intervention de Carl-Lutz amena enfin une réponse de Liselotte ; mais on aimerait mieux qu'elle

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