Lettre du 18 novembre
3. Fragments des lettres originales, etc. Du 5 mai 1716. Vol. II, p. 74.
sortes de choses, tout dépend de la manière de s'y prendre ^ »
A titre de tableau de mœurs sous le grand roi, Mme de Maintenon étant toute-puissante, nous tenterons de faire deviner une scène dont Madame nous a laissé un récit qu'il est difficile de reproduire et qu'elle appelle, un peu ambitieusement, un « dialogue » entre elle, Monsieur, et leurs deux enfants déjà grands. Les quatre altesses venaient de souper, et elles étaient seules dans une pièce de leur appartement. Monsieur se taisait : « Il ne nous trouvait pas d'assez bonne compagnie pour causer avec nous". » Après un long silence, il interpella tout d'un coup Madame et lui adressa une grosse incongruité. Madame riposta du tac au tac, et « sur le même ton », par une autre incongruité. Le jeune Duc de Chartres — le futur Régent — se récria de joie et fit chorus, et voilà une conversation de princes, à Versailles, en 1693.
Il va de soi que Liselotte n'apprit jamais à être convenable. Elle en aurait été désolée. Le jour où la duchesse Sophie, devenue vieille, se lassa à son tour des polissonneries et des plaisanteries scatologiques, sa nièce le déplora : « (9 mars 1710.) Je suis fâchée que Votre Dilection ne veuille plus rire de rien d'indécent, car cela entretient la gaieté, et la gaieté entretient la santé et la vie. »
On ne la vit pas non plus prendre un air dévot, ni feindre de s'intéresser à la maison de Saint-Cyr.