‹ Madame, mère du régentChapitre 145 sur 220 · Édition de Boislisle, VIII · texte numérisé non relu

Édition de Boislisle, VIII

propre * à la France..., » Vainement sa tante et ses sœurs répondaient à ses plaintes indignées sur nos défauts et nos vices qu'il y avait aussi à dire sur les Allemands et leurs mœurs. Madame s'étonnait de ces révélations : « Je suis fâchée que notre pays se gâte et que les honnêtes gens y deviennent aussi rares. » Ailleurs : « Je ne puis m'étonner assez de voir à quel point tout est changé en Allemagne. Il me semble que tout était mieux de mon temps '. » Non, tout n'était pas mieux; il n'y avait de mieux que son âme de jeune fille heureuse, voyant le monde et l'humanité en beau. Madame ne s'en rendait pas compte et s'affligeait de ce qu'elle prenait pour une décadence; mais sa tendresse pour l'Allemagne n'en souffrait pas. Elle entrait dans les torts de l'Allemagne comme dans ses peines. De l'Allemagne, elle comprenait tout; de la France, rien.

C'est pourquoi, à l'heure des difficultés, elle n'inventa rien de mieux que de rentrer dans sa coquille. Elle donna l'exemple à la Dauphine, autre princesse allemande à qui la France ne réussissait pas non plus, et qui se montrait de moins en moins d'année en année. La Dauphine était une pauvre créature malsaine et mélancolique, qui ne sut pas prendre un parti avec le mari médiocre dont l'avait affublée la politique. Elle ne fit rien pour le garder, ne se résigna pas à le voir aller ailleurs, et s'enferma à

1. En français dans l'original. Lettre du 28 novembre 1706 à la raugrave Amélise.

2. Lettres du 6 mars 1699 et du 29 avril 1704 aux raugraves. La même idée se retrouve nombre de fois dans ses diverses correspondances.

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