Du 8 février tOOO, à la duchesse Sophie
des enfants. Ce n'était pas faute d'avoir pensé à eux. Il avait commencé dès avant le mariage de Liselotte à assurer sur le papier l'avenir des enfants de Louise de Degenfeld; son testament*, daté du l'''" mars 1670, contient des legs à tous ceux qui étaient alors de ce monde-. Mais ce ne fut que le point de départ d'une série de projets qui restaient en l'air. Il naissait des raugraves, il en mourait, et leur père défaisait, refaisait, paperassait, sans pouvoir se résoudre à la seule mesure pratique, qui aurait été de les pourvoir de son vivant; il les chérissait, mais il chérissait encore plus ses écus et n'avait pas la force de s'en séparer. Si bien qu'à sa mort le prince Charles, son successeur, put arguer qu'il se trouvait en face de combinaisons vagues, que son père lui-même n'avait pas jugé à propos d'exécuter.
La duchesse Sophie prit chaudement le parti des orphelins : « La volonté de l'Électeur défunt est parfaitement claire, écrivait-elle ; je ne doute donc pas que l'Électeur actuel ne trouve dans son cœur quelque reconnaissance pour Monsieur son père, et ne respecte ses dernières volontés ^. » Le nouvel Électeur ne trouve dans son cœur de dévot qu'une provision de fiel, amassée depuis l'enfance contre ces bâtards envahissants qui lui avaient volé sa place au soleil, qui étaient choyés, caressés, « magnifiquement entretenus^ », tandis que lui, le