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La duchesse Sophie à Caroline, le 21 avril

LES RAUGRAVES. 227

fils légitime, « végétait mesquinement » dans Tombrc, privé des soins les plus nécessaires ', rudoyé, fagoté, sans le sol. L'un des premiers actes de son gouvernement fut d'interdire le territoire du Palalinat à Carl-Lutz, l'aîné, trop brillant et trop populaire. Un autre fut d'annuler- les arrangements pécuniaires ébauchés par son père en faveur des raugraves. Ceux-ci n'avaient d'autre appui que Madame et la duchesse Sophie. La duchesse, bien que peu riche, se montra généreuse, et veilla avec un dévouement inlassable sur le troupeau demeuré sans berger : « J'aimerais mieux aller en chemise, écrivait-elle à Louise, que de vous laisser manquer; vous pouvez y compter'. » Madame eut une conduite qui nous gêne quand nous lisons sa tendre correspondance avec ses sœurs.

En paroles, elle ne trouvait jamais que l'on fît assez pour les raugraves. Elle fulminait contre son frère l'Électeur Charles, parce qu'il s'était borné à leur accorder, avec beaucoup de peine et de regret, des pensions que l'on devine avoir été chétives, et que, d'ailleurs, il ne payait guère. Madame trouvait sa lésinerie inconcevable, et ne se gênait pas pour le lui dire. Quand son frère fut mort (1683) et que le Palatinat eut passé à des parents éloignés, les pensions furent encore moins payées : « C'est une vraie

1. La duchesse Sophie en avait fait des reproches à son frère : « (19 juin 1G61.) Je suis tout à fait scandalisée du peu de soin qu'on avait de ce prince durant le temps que j'étais à Heidelberg », etc.

2. Cf. Briefe der Kurfûrstin Sophie von llannover an die Raugrùfinnen, etc., p. vin.

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