Du 26 novembre
l'union des églises. 245
lités théologiques qui cassaient la tète à Liselotte. Le pa.ys était resté si las, si meurtri de ses longues querelles religieuses, que bien des gouvernants en arrivaient à regretter tout bas le tranquille giron de l'Église romaine et à envisager l'idée d'une réconciliation, mais ils exigeaient que Rome y mît le prix. Les moins croyants, ceux qui se guidaient par des vues purement humaines, étaient naturellement les plus disposés à se faire marchander, et c'est ainsi qu'on a la surprise de rencontrer Charles- Louis et son beau-frère de Hanovre parmi les parrains d'un projet de réunion des deux Églises qui traîna longtemps dans les chancelleries allemandes et devint l'occasion de la célèbre correspondance entre Bossuet et Leibniz. L'histoire de cette curieuse négociation est encore à faire ; on en sait assez, cependant, pour ne conserver aucune illusion sur les mobiles des deux princes qui nous intéressent.
Dans les premiers mois de 1677 *, un personnage qui voyageait incognito se présenta au château de Heidelberg, où il fut reçu par Charles-Louis. Il se fit reconnaître pour l'évèque de Tina 2, et se dit chargé par l'empereur Léopold de négocier en secret un rapprochement, sur le terrain dogmatique, entre les catholiques et les protestants. L'Électeur lui fit l'accueil le plus empressé, tout en se demandant pourquoi tant de mystère, et si la