Mémoires. Du 24 décembre
4. Lettre à Mme Roujaut, femme de l'intendant de Maubeuge, Cf. Seilhac, I, 126, note.
5. Elles sont conservées aux Archives de Chantilly. M. de Seilhac les a publiées, loc. cit. 11 y en a quarante-trois, dont quarante-deux du i9 mars 1691 au 25 octobre 1706; plus cinq lettres de Madame à son ûls.
elle le croyait du moins, à maintenir son fils dans le droit chemin : « Je voudrais trouver l'occasion de vous faire plaisir, lui écrivait-elle le 21 août 1691,... je le ferais de bon cœur, pour vous marquer mon estime, la justice que je vous rends et la reconnaissance que je vous ai de ce que vous faites auprès de mon fils, qui m'oblige aussi à avoir de l'amitié pour vous. » Dans la même lettre : « Avec la vertu et le bon esprit que vous avez.... » Ces lignes donnent le ton général de la correspondance. Le précepteur y joue le rôle de confident d'une mère tourmentée, qui s'entend avec lui pour la direction de son fils. Survint le mariage forcé du Duc de Chartres avec l'une des bâtardes du roi. L'abbé Dubois y prit une part active, mais Madame ne l'apprit que bien des années après.
Chacun sait quelle passion, et quelle ténacité, mit Louis XIV à « agrandir » démesurément ses bâtards. C'était une question d'orgueil, une façon de prouver qu'il était au-dessus des lois et des règles. Mme de Maintenon l'encourageait, à cause de ceux des bâtards qu'elle avait élevés et qu'elle aimait, et ces deux illustres dévots demeuraient convaincus que Dieu, au jour du jugement, comprendrait la différence, en matière de morale, entre un grand monarque et un autre mortel, duc et pair ou simple croquant. C'était faire à Dieu beaucoup d'honneur. Dans cette heureuse persuasion, et avec une parfaite insouciance de l'opinion publique, qui se montrait dure, le roi avait marié deux de ses bâtardes * à deux princes du sang, et il desti-