‹ Madame, mère du régentChapitre 185 sur 220 · Lettre du 10 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du 10 octobre

3. Le siège de Namur dura du 26 mai au 30 juin. L'année 1692 était la quatrième de la guerre contre la ligue d'Augsbourg, qui se termina en 1697 par le traité de Ryswick.

les dames, sa belle-sœur exceptée, afin de lui marquer son mécontentement. Madame joua l'indifférence, mais elle ne pouvait se passer de le voir, et elle fut sottement malheureuse pendant Tabsence de la Cour, au lieu de jouir de ses deux mois de paix et de liberté dans son cher Saint-Cloud. Son fils ne se montra pas plus sage. Il faisait la campagne, flanqué, comme un petit garçon, de son gouverneur et de son précepteur, et il la faisait très brillamment : « Depuis le roi jusques aux harengères, tout le monde parle de vous », lui écrivait sa mère' après la bataille de Steinkerke, où il avait été blessé en chargeant. Du même jour, le soir : « Continuez, mon cher enfant, je vous en conjure, et rendez- vous un prince parfait; et si la fortune ne vous a pas rendu un des maîtres du monde, confondez-la, en montrant à toute la terre que vous méritiez de l'être, et régnez sur les cœurs, c'est le plus grand et le plus beau règne du monde, et que tout honnête homme doit le plus désirer. » Le Duc de Chartres était un « prince parfait » tant qu'il se battait; hors de là, il ne faisait plus que des sottises : « Sa protestation (d'époux malgré lui), dit un historien récent, fut d'humilier l'épouse et de braver le roi par les déportements les plus scandaleux -. » Braver Louis XIV n'était pas un plaisir qui pût aller sans ennuis; le Duc de Chartres en eut beaucoup, de mérités et, encore plus, d'immérités; dans les deux cas, sa mère, amie fidèle et vaillante, recevait

1. Le 10 août 1692. La bataille de Steinkerke eut lieu le 4 août.

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