RÉFORME DE LA COUR
Deux mois après, le roi s'en prenait aux gros mots et aux propos égrillards en usage à sa Cour; ,' puis ce fut d'autres réformes, tantôt bonnes, tantôt mauvaises, mais qui avaient ceci de commun de n'être que des apparences, des attitudes, sans effet sur les cœurs, ni sur le fond delà conduite. Madame déclarait sans ambages que la Cour devenait hypocrite; qu'elle cachait sous ses mines dévotes plus de perfidie et de méchanceté que jamais; que les femmes s'y perdaient de plus en plus ; et que tel jouait la piété à Versailles qui faisait l'athée à Paris. Elle disait l'ennui accablant d'un monde où « les hommes et les femmes n'osaient plus se parler ouvertement* » sous peine de scandale; la grossièreté des jeunes « cavali.ers » sevrés de conversations féminines ; le danger de retrancher les plaisirs honnêtes à des gens condamnés à ne rien faire : et elle se refusait à admirer la nouvelle austérité du roi, qui s'admirait pourtant lui-même : « Nous avons manqué ne plus avoir de comédies, écrivaitelle à sa tante le 23 décembre 1694. La Sorbonne a voulu la faire interdire pour plaire au roi, mais on prétend que l'archevêque de Paris et le Père de la Chaise lui ont dit qu'il serait trop dangereux de bannir les divertissements honnêtes - ; que cela pousserait la jeunesse à des vices abominables. De sorte que la comédie nous reste, grâce à Dieu. On assure que la vieille ratatinée du grand homme en sera effroyablement dépitée, car c'était elle qui avait