‹ Madame, mère du régentChapitre 190 sur 220 · REFORME DE LA COUR · texte numérisé non relu

REFORME DE LA COUR

Saint-Germain de donner à jouer' », ou à boire et à manger. Monsieur ayant osé se plaindre au roi, l'archevêque le sut aussitôt par Mme de Maintenon : « Monsieur est celui qui paraît le plus peiné de la piété. Il dit l'autre jour au roi^.... » Suivaient les paroles de Monsieur. Mme de Maintenon croyait de bonne foi travailler pour la religion et la morale, mais c'était Madame qui avait raison; la piété ne s'improvise pas avec des règlements de police, et la cour de France se peuplait de « Tartuffes » des deux sexes.

A mesure que l'atmosphère générale se modifiait, Liselotte sentait le roi lui échapper plus complètement, et elle en déraisonnait de jalousie. A la duchesse Sophie, le 30 juin 1691 : « Tant que la vieille ordure vivra, je serai mal en cour, car sa haine contre moi est sans bornes; plus je lui fais de politesses, plus ça va mal. » A la même, le 31 mai 1692 : « Si un diable voulait emporter notre vieille ripopée, je le tiendrais pour un homme d'honneur, et je prierais volontiers pour qu'il soit anobli. » A la même, devenue l'Électrice Sophie par l'érection du Hanovre en Électorat^ : « (10 octobre 1693.) La duchesse de Hanovre* pourra dire à Votre Dilection quel méchant diable, et faux, est la vieille ordure, et que ce n'est pas ma faute si elle me hait atrocement, car j'ai fait tout au monde pour

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