‹ Madame, mère du régentChapitre 192 sur 220 · MALADIE DE MADAME · texte numérisé non relu

MALADIE DE MADAME

trice Sophie, qui avait bonne tête et le parler franc.

Quelques événements de cette période de détresse morale sont à noter. Au mois de juillet 1693, Madame eut la petite vérole. Elle fut à la mort, mais garda sa présence d'esprit, et se défendit contre les médecins avec son énergie accoutumée : « Cette princesse, rapporte Sourches le 7 juillet, suivant son génie ordinaire, se traitait seulement avec des poudres sudorifiques, et mangeait presque de la même manière que si elle n'avait pas été malade. » Le 9, Dangeau écrit à son tour : « Madame a toujours bu à la glace; ses fenêtres sont ouvertes; elle change de linge quatre fois le jour, ne veut point être saignée, ne veut point avoir d'autre médecin que le sien ». A peine hors d'affaire, elle devient énorme, et ses lettres ne tarissent plus sur la laideur prodigieuse de toute sa personne : « Ma graisse s'est mal placée, de sorte qu'elle me va mal. J'ai, sauf votre respect, un derrière effroyable, un ventre, des hanches et des épaules énormes, le cou et la poitrine très plats; pour dire la vérité, je suis épouvantable, mais j'ai le bonheur de ne pas m'en soucier '. » Voilà pour la tournure, et voici pour la figure : « J'ai toujours été laide et le suis devenue encore plus depuis la petite vérole. Ma taille est monstrueuse - d'épaisseur; je suis carrée comme un dé à jouer. Ma peau est d'un rouge tacheté de jaune; je commence à

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