Du 19 avril 1701, à l'Électrice Sophie
de plus en plus, le roi en arrivait à la menace. Il fallut l'annonce du dîner pour les interrompre. A table, on remarqua que Monsieur était bien rouge. Cela se passait le 8 juin.
Rentré chez lui, à Saint-Gloud, Monsieur trouva Madame encore mal remise d'un accès de fièvre, et fut souper sans elle. Au milieu du repas, la prédiction du Père du Trévou s'accomplit : Monsieur fut foudroyé par une apoplexie. 11 tomba sur son voisin; on l'emporta, on essaya des remèdes; rien n'y fit. Il ne reconnut pas le roi, accouru de Marly dans la nuit, et tous les siens durent sortir de sa chambre, à cause de la règle qui interdisait aux princes de voir mourir. La famille royale se dispersa dans le château, et Saint-Simon a résumé l'impression du public sur ce qu'éprouvait Madame durant cette attente cruelle : « Madame était cependant dans son cabinet, qui n'avait jamais eu grande affection ni grande estime pour Monsieur, mais qui sentait sa perte et sa chute, et qui s'écriait dans sa douleur, de toute sa force : « Point de couvent! qu'on ne me parle point de couvent! je ne veux point de couvent* ». Ce fut précisément un couvent qu'on vint lui offrir de la part du roi. Elle s'en défendit, discuta, négocia, et obtint finalement de rester à Versailles; mais l'avenir s'annonçait mal.
Il était environ sept heures du matin lorsqu'elle écrivit à sa tante Sophie, d'une écriture tremblée, le billet que voici : « C'est la plus malheureuse de toutes les créatures qui écrit à Votre Dilectiou.