‹ Madame, mère du régentChapitre 196 sur 220 · PAIX DU MENAGE · texte numérisé non relu

PAIX DU MENAGE

veilles pour son fils, lors du mariage, et lui avait ensuite manqué de parole, craignant, s'il donnait des commandements au Duc de Chartres, que la comparaison avec ce brillant soldat ne fît du tort à ses bâtards. L'irritation de Monsieur se tourna en regain de confiance à l'égard de sa femme, qui lui avait prédit ce qui arrivait. Ayant besoin d'elle, il s'en rapprocha, et la paix se rétablit dans cet intérieur agité. C'était un événement capital pour Liselotte. Chose inexplicable, elle en fit mystère à sa tante et lui continua ses plaintes : « Monsieur est comme toujours.... Il me donne de bonnes paroles, vit bien avec moi en apparence; en réalité, il ne peut pas me souffrir, et me nuit autant auprès du roi que la vieille ordure' ».

Telle était la situation au printemps de 1701, quand un accident imprévu vint rejeter Madame dans les difficultés. La guerre de la succession d'Espagne se préparait. Le Duc de Chartres n'avait pu obtenir de servir et, de découragement, faisait derechef des sottises. Le roi, qui ne comprenait plus qu'on pût être un mari infidèle, s'avisa de reprocher à Monsieur les fredaines de son fils. Rabroué une première fois, le monarque revint à la charge, et trouva devant lui un timide poussé à bout, qui ne se connaissait plus et qui lui criait des choses désagréables, portes grandes ouvertes, dans un cabinet de Marly. Louis XIV outré s'emporta aussi, et les voilà se chantant pouille devant des centaines d'oreilles attentives. Monsieur s'excitant

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