‹ Madame, mère du régentChapitre 20 sur 220 · LISELOTTE CHEZ LA DUCHESSE SOPHIE · texte numérisé non relu

LISELOTTE CHEZ LA DUCHESSE SOPHIE

déjà sur le retour, aime une jeune créature qui lui est entièrement asservie. Charlotte, accoutumée à le voir économiser sur tout, lui faisait remarquer que les enfants coûtaient cher à élever, et qu'il serait à souhaiter de ne pas en avoir trop. Louise en eut quatorze à la file, sans une plainte ni une objection, mourut en couches du quatorzième et fut aussitôt remplacée par une « robuste Suissesse », malgré les soixante ans bien sonnés et les maux peu ragoûtants de « Sa Grâce Électorale ».

Il n'y a rien de poétique dans tout cela; mais, à défaut d'une passion exaltée pour sa maîtresse, Charles-Louis entretenait les idées orgueilleuses que l'on sait sur son pouvoir temporel et spirituel. Convaincu que sa volonté devait faire loi, en morale comme en religion ou en matière d'impôt, il accusait sa fille de « n'agir envers lui comme elle devait * ». Il s'en prenait à la nouvelle gouvernante, Mlle d'Uffeln^, qui avait bravement refusé son « approbation^ » à la polygamie officielle, et il allait faire un éclat, c'est-à-dire une sottise, en la chassant, quand la duchesse Sophie* le décida à lui confier sa « chère Liselotte, de laquelle, écrivait-elle, j'aurai autant de soin comme si elle était à moi^ ». L'affaire arrangée, elle en pressa

1. La duchesse Sophie à Charles-Louis, lettre du 27 mars 1059.

2. Ou dOiïeln; on rencontre les deux orthographes. Mariée dans la suite à M. de Harling. L'une des correspondances les plus intéressantes de Madame leur est adressée. Voyez plus haut, p. 3.

3. La duchesse Sophie à Charles-Louis, lettre du 6 mars 1659,

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