Du 12 juin 17Û
roi a faites hier à mon fils et de la manière qu'il en use pour lui et pour moi. Comme ce sont des suites de vos bons conseils, madame, trouvez bon que je vous en marque ma sensibilité, et que je vous tiendrai très inviolablement Tamitié que je vous ai promise. Je vous prie de me continuer vos conseils et avis et de ne jamais douter de ma reconnaissance, qui ne peut finir qu'avec ma vie*. » Cette lettre-là va avec la version de Saint-Simon.
A travers toutes ces émotions, il avait fallu prendre le deuil, affaire sérieuse en ce temps-là, surtout par la chaleur. Madame a décrit son appareil de veuve : « (26 juin 1701.) Hier, j'ai dû recevoir le roi et la reine d'Angleterre en cérémonie, et dans un costume insensé. J'avais un bandeau blanc sur le front; par-dessus le bandeau une coiffe, attachée sous le menton; par-dessus la coiffe une cornette-, par-dessus la cornette un voile en étoffe de lin, rattaché sur les deux épaules comme un manteau de crêpe, et formant une queue de sept aunes de long; sur mon corps, une longue robe en drap noir, avec des manches retombant sur le poing et garnies d'une bande d'hermine de deux mains de haut; une autre bande d'hermine, de la même largeur, partant du col et allant jusqu'en bas de la jupe; une ceinture de crépon noir retombant par devant jusqu'à terre, et une queue en hermine, ayant aussi sept aunes de long. Dans cet attirail, on m'a couchée sur un lit tout noir, dans une
1. Du 15 juin 1701. En français, dans l'original, Correspondance générale de Mme de Maintenon, t. IV, p. 436.