‹ Madame, mère du régentChapitre 201 sur 220 · LE DEUIL · texte numérisé non relu

LE DEUIL

chambre toute noire, où le parquet même était tendu de noir et les fenêtres masquées par des tentures noires, ma queue étalée, Vhermine en dessus. Dans la chambre, un grand candélabre avec douze bougies allumées, dix ou douze autres bougies sur

la cheminée.... » Saint-Simon reproche à Madame ,, . . . '» ,, ■ ,

d en avoir pris a son aise avec 1 étiquette et de

s'être bientôt montrée « partout sans mante, sans voile, sans bandeau, qui, à ce qu'elle disait, lui faisait mal à la tête * ». Saint-Simon en parle à son aise; au mois d'août, et couverte de fourrure, la tentation d'alléger devait être irrésistible.

Tandis que ces incidents se déroulaient à Versailles, la famille d'Allemagne se réjouissait discrètement de l'apoplexie qui avait délivré la princesse Liselotte d'un époux hostile et d'un esclavage insupportable. De l'Électrice Sophie à la raugrave Louise : « (10 juillet 1701.) Le bon naturel de Madame fait qu'elle est triste, car, lorsqu'on a un bon naturel, on a toujours de la sympathie'^ pour un homme qui est le père de vos enfants. Du reste, il ne semble pas que feu Monsieur ait eu beaucoup d'amitié pour Madame, car il n'a pas pensé à elle dans son testament^. » C'était vrai. Le 12 juin, le roi était venu chez Madame ouvrir le testament de Monsieur. Ce prince faisait son fils légataire universel. Il distribuait quelques souvenirs à ses filles et à sa petite-fille, la Duchesse de

i. Mémoires, éd. de Boislisle, VIII, 362.

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