‹ Madame, mère du régentChapitre 46 sur 220 · LE CHANGEMENT DE RELIGION · texte numérisé non relu

LE CHANGEMENT DE RELIGION

à instruire la princesse Électorale dans la religion catholique. Quand on apprit, le 13 novembre, h son entrée à Metz, que la Palatine amenait une néophyte toute convertie et tout abjurée, bien qu'à l'insu de son père, il n'y eut plus qu'à prendre acte du fait accompli. L'abjuration officielle eut lieu le 14 ^ « On m'a seulement lu quelque chose, racontait Madame, et je devais répondre ouionnon, ce que j'ai fait absolument à mon idée. J'ai dit non deux fois quand on voulait que je dise oui; mais on a laissé passer cela, et j'en ai ri en dedans. J'ai protesté si haut contre la damnation des parents, qu'on n'en a pas soufflé mot devant moi. J'écoutais avec attention, et je répondais à mon idée.... Ces sortes de spectacles ne vont pas sans des battements de cœur-. »

Chevreau avait écrit à Charles-Louis après la cérémonie : « Toutes les choses se sont passées agréablement et sans contrainte », Le compte rendu officiel fut moins exact et plus édifiant ; le nonce du Pape à Paris put écrire à Rome : « Madame a l'air d'une très bonne princesse; on raconte qu'en abjurant, elle donna les signes de la satisfaction la plus vive^ ». Le Palatinat apprit la nouvelle par une lettre de Liselotteà son père, dont les termes avaient été convenus d'avance : «Monseigneur, je ne doute pas que la profession que je viens de faire de la

1. D'après le nonce (Archives du Vatican, Nunziatura di Francia, t. 145, non folioté, dépêche du 20 novembre 1671). L'acte d'abjuration porte la date du 15 (Archives nationales, K, 542, n° 15j.

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