‹ Madame, mère du régentChapitre 59 sur 220 · Archives du Vatican : dépèche du 11 décembre · texte numérisé non relu

Archives du Vatican : dépèche du 11 décembre

4. D'après Michielli, ambassadeur de Venise. Dépèches des ambassadeurs vénitiens. Bibl. nat., ms. ital. 1872, p. 115.

les menus plaisirs de la jeune princesse. Madame s'étant plainte amèrement, et à de nombreuses reprises, qu'on la laissât manquer d'argent en France, il n'est pas hors de propos de noter ici que le présent du roi représentait à peu près la moitié du revenu total du Palatinat pendant une année. En 1671, par exemple, le budget de Charles-Louis se monta, pour les recettes, à la somme de 234834 florins*. Ces chiffres rendaient l'économie de rigueur à Heidelberg, et Liselotte avait été dressée par son père à se passer d'argent de poche.

Le 7, le roi rendit une ordonnance où il était dit que Sa Majesté, « voulant favorablement traiter Mgr le Duc d'Orléans, son frère unique, et lui donner moyen de soutenir les dépenses de sa maison », lui avait « libéralement accordé la somme de 252000 livres pour chacun an, pour l'entretien de la maison de Mme la Duchesse d'Orléans, à prendre en son trésor royaP... ». Dix ans auparavant, une pièce toute pareille — sauf la date — avait accordé exactement la même pension à Henriette d'Angleterre.

Le 7 également, le nouveau couple vint s'établir au Palais-Royal pour présenter Madame aux Parisiens. Toute la ville accourut la saluer, avec des nuances savantes, selon le titre, le rang, la charge, ou les prétentions de chacun. Des gens n'étaient venus qu'après avoir négocié avec Monsieur; d'autres le fâchaient en usurpant un geste auquel ils

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