L'abbesse de Maubuisson, près de Pontoise
plaisir que la feue reine notre mère le faisait autrefois.... » — « (14 avril 1678.) Il n'y a rien de plus réjouissant que les lettres de Liselotte.... Elle est bien heureuse d'avoir le cœur si tranquille. » Les esprits n'étaient plus au même diapason à Saint- Cloud et à Osnabriick ou Heidelberg.
Charles-Louis avait encore un autre grief, le plus cuisant de tous, contre Madame : elle ne faisait rien non plus pour les raugraves. Pas un pauvre petit service, pas un liard pour leur faciliter quoi que ce soit. L'aîné, Carl-Lutz, lui avait été expédié dès 1673. Il n'avait que quinze ans, et la lettre où il raconte à son père son arrivée chez Madame est enfantine. Nous y gagnons un tableau naïl de Liselotte dans son intérieur, à Saint-Cloud, en compagnie de son premier-né et de ses deux petites bellesfilles', dont elle s'était fait adorer : « (Paris, 1" juillet 1673.) Sérénissime Électeur, Gracieux Seigneur, je donne humblement avis à Votre Altesse Électorale que je suis heureusement arrivé ici avant-hier, et que je suis allé hier chez Liselotte^. M. M*** est entré le premier, et a dit qu'il y avait là quelqu'un qui voudrait bien baiser respectueusement la main de Liselotte. Alors il est venu me chercher, et quand je suis entré, Mme M*** était là. Alors Liselotte a
1. Monsieur avait eu deux filles de son premier mariage avec Henriette d'Angleterre : Marie-Louise d'Orléans, mariée le i9 novembre 1079 à Charles II d'Espagne; et Anne-Marie, d'Orléans, dite Mademoiselle de Valois, qui épousa, le 10 avril 1684, le Duc Victor-Amédée II de Savoie, et fut mère de la Duchesse de Bourgogne.
2. Madame était accouchée à Saint-Cloud, le 2 juin, du Duc de Valois.