‹ Madame, mère du régentChapitre 94 sur 220 · Lettre à Charles-Louis, du 9 novembre · texte numérisé non relu

Lettre à Charles-Louis, du 9 novembre

flotte de ce roi-là.... Car aussi bien Liseloite fait aussi peu pour lui que pour moi auprès du roi très-chrétien '.... » Une troisième expérience ne fut pas plus heureuse, et Madame découragea d'avance la quatrième : « Je crois, écrivait-elle, que Carl- Lutz n'aurait pas d'avantage à épouser une riche veuve française et à changer de religion, car on ne tient pas du tout ici, à voir des étrangers se faire catholiques, pourvu que les sujets du roi se convertissent-. » Carl-Lutz était cependant son favori. Elle lui disait : « Je vous aime autant qu'on peut aimer un frère, et je voudrais du fond de mon âme trouver l'occasion de vous le persuader par des effets plus solides que de simples paroles^ ». Il existe même une lettre où, malgré sa « misère », elle lui promet 800 pistoles : « C'est ce qui me reste de l'argent que le roi m'a donné au jour de l'an. Si j'en avais davantage, je vous l'enverrais de grand cœur*. » On regrette de ne pas avoir la preuve qu'elle tint sa parole. Quoi qu'il en soit, Garl-Lutz finit par comprendre que Liselotte aimait mieux le chérir de loin. Il alla guerroyer contre les Turcs et mourut misérablement de la fièvre au siège de Négrepont (1688). Madame le pleura abondamment.

Son cadet, Cari-Edouard, essaya aussi d'un voyage à Paris; mais Liselotte ne fit que le gronder, et elle

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