Ernest-Auquste, époux de la duchosse Sophie
d52 MADAME, MÈRE DU RÉGENT.
moquent de ce que je suis devenue si bonne catholique que d'attacher tant d'importance au sacrement de mariage. C'est que ce sacrement-Xk fait si bien mon alTaire, que je voudrais qu'il durât éternellement, et qu'il n'y eût pas moyen de le rompre, car celui qui voudrait me divorcer d'avec Monsieur ne me ferait aucun plaisir. Votre Dilection peut être sûre que si la mode du divorce venait à s'établir, cela me déplairait beaucoup; et que, s'il fallait trois abjurations comme celle que j'ai faite à Metz pour convaincre les gens que le mariage est un sacrement, et que, par conséquent, il est indissoluble, Votre Dilection recevrait trois promesses cachetées au lieu d'une. Je voudrais de tout mon cœur que Sa Grâce l'Électeur fût de mon avis, et, de plus, je voudrais que Sa Grâce fût aussi heureuse que moi. »
A quelques mois de là, l'Allemagne et la France avaient fait la paix. Madame proposa à son père et à sa tante de lui donner rendez-vous en Alsace. L'Électeur demanda du temps pour réfléchir, et finalement refusa. Liselotte et le mariage de Liselotte avaient été de trop grandes déceptions; il n'était pas pressé de revoir sa fille.
Nous sommes obligé de z'etourner un instant en arrière. Depuis tantôt huit ans que Madame était mariée, il y avait eu bien peu d'événements dans sa vie; mais encore faut-il les connaître. Les plus importants avaient été la naissance de ses trois