ACTE PREMIER
LUCIENNE
' Et on obéit... il e.st vrai que ce n'est pas une femme ordinaire.
ROBERT
Croyez-vous.
»• Tout le monde la vénère et la respecte dans Alençon!... la ville entière ne parle d'elle qu'avec admiration.
ROBERT
Ah bahl
LUCIENNE
m A cause de l'histoire du couteau!
ROBERT
Quel couteau?
LUCIENNE
^ Celui-ci.
Elle montre un couteau encadré et accroché au mur.
ROBERT
Ahl
LUCIENNE
> , Ce couteaulà, voyez-vous monsieur Robert, c'est comme un sceptre que ma tante brandit de temps en temps sur la tête de tout le monde.
ROBERT
Mais, qu'est-ce que c'est que ce couteau?
LUCIENNE
#* Ah! ça, je ne sais pas... Il y a une histoire que l'on raconte... qu'on raconte même très souvent...
mais toutes les fois on me fait sortir... Il paraît que ça ne regarde pas les jeunes filles.
ROBERT
N'importe 1... je suis décidé à tout! et si je suis venu aujourd'hui, c'est pour parler à votre tante.
LUCIENNE
► Ohl pas en ce moment... Elle est encore de plus mauvaise humeur que d'ordinaire.
ROBERT
Pourquoi?
LUCIENNE
A cause de cette dame de Paris, qui est venue s'installer à côté de nous... dans le château des Ardoises.
ROBERT
Oui... je sais... Qu'est-ce que cela peut lui faire?
LUCIENNE
* Vous n'y songez pas!... Le château des Ardoises touche à un terrain qui appartient à ma tante, si bien que cette dame est tout à fait notre voisine! Une ancienne chanteuse de café-concert, une femme qui, à ce qu'on dit... mais ça ne regarde pas encore les jeunes filles... Enfin, ma tante ne décolère pas... elle dit que c'est un vrai scandale I
ROBERT
Eh bien, soit! Je parlerai d'abord à votre oncle.
A quoi bon?