‹ Madame Mongodin; comédie en trois actesChapitre 7 sur 83 · ACTE PREMIER H · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER H

les propagateurs de la débauche sans vergogne et les commis-voyageurs de l'inconduite éhon^ée.

nOBERT.

La phrase est de vous.

MONGODIN.

Non... d'elle... Enfin, vous ne pouvez pas nier que vous avez habité Paris.

ROBERT

Soit! mais je ne l'habite plus, puisque j'habite Alençon... puisque mon plus cher espoir est de ne plus jamais quitter cette ville et d'y finir mes jours auprès de vous.

w Son plus cher espoir!... Vous l'entendez, mon oncle?

ROBERT

Certes, celui qui, il y a deux mois, m'aurait prédit que je renoncerais à ce Paris, si terrible— celuilà m'aurait fort étonné... mais il y a deux mois je ne savais pas que je rencontrerais mademoiselle Lucienne et que j'aurais le bonheur de me faire aimer d'elle.

MONGODIN.

Hein? (.\ Lucienne.) C'est vrai, ça?...

LUCIENNE

^ Puisqu'il le dit, mon oncle.

MONGODIN.

Mon Dieu, mes enfants, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Entre nous, je trouve ça très naturel. Vous êtes jeunes tous les deux, riches tous

les deux, vous vous plaisez... on a vu bien des gens se marier sans avoir autant de bonnes raisons... et si ça ne dépendait que de moi...

ROBERT

Vous consentiriez?

MONGODIN.

Mais ça ne dépend pas de moi... Ça dépend de madame Mongodin.

p Pourtant, c'est vous qui êtes mon oncle.

MONGODIN.

Je devrais l'être... mais je ne le suis pas... Ton vrai oncle, c'est ta tante, mon enfant.

ROBERT

Allons donc, parce que vous manquez d'énergie... parce que vous vous laissez dominer.

MONGODIN.

Moi t... oui, c'est vrai.

ROBERT

Parce que vous tremblez devant elle... qui vous opprime... qui vous anéantit...

MONGODIN.

Moil... oui, c'est vrai ! Que voulez-vous, c'est pour éviter les scènes... J'ai horreur des scènes...

LUCIENNE

' Oh! pourtant, si vous vouliez bien...

MONGODIN.

Ah parbleu! si je voulais!...

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