‹ Madame Putiphar. 2. éd., conforme pour le texte et les vignettes à l'édition de 1839. PréfChapitre 6 sur 32 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

sopha, elle fit un peu expulser les Jésuites. Bref, il lui sera beaucoup pardonné, parce qu'elle a légèrement aimé la liberté de l'art et de la pensée (1).

Mais Petrus Borel ne nous la présente pas ainsi. C'est une louve affamée, une Cléopâtre sur le déclin, et quand madame du Hausset introduit Patrick dans le boudoir de Choisy-le-Roi , la Putiphar saisit à deux mains, — et quelles mains! — le manteau de ce Joseph irlandais. Ce diable de Patrick résiste au surplus éperdument. Elle parle amour, séduction, ivresse; il répond langue irlandaise, Dnjden, minstrel, légendes de son pays. A cette femme éperdue et enivrée il réplique par un cours de grammaire comparée, et quand elle lui déclare en face

(1) On vient tout récemment de vendre (fe'vrier 1877) à rhotel Drouot, une collection de Lettres autographes de femmes célèbres des XVII^ et XVIII« siècles, parmi lesquelles figurait une suite de lettres de madame de Pompadour qui pourraient donner lieu à une publication fort intéressante. Ce sont des lettres d'Antoinette Poisson à son père (de 1741 à 1753), et à son frère M. de Yendières, marquis de Marigny (de 1749 à 1762). On y voit madame de Pompadour jouant Alzire à son théâtre de Choisy, se faisant peindre par Boucher et représenter au pastel par Liotard ; parlant de son petit CocJiin (Charles Cochin, le dessinateur), des tableaux de Joseph Yernet, de la folie du peintre La Tour. Elle appelle M. de Yendières //-eVo? ou Monseigneur de Marcassin, en déclinant le nom en latin et se décerne à ellemême le petit nom de Reinette. Reinette, cela ne veut-il point à\v& petite reine, ô marquise? Toujours est-il que ces trente-neuf lettres mises en vente, formant ensemble une soixantaine de pages, composent une piquante, alerte et charmante chronique du temps passé, et que madame de Pompadour s'y montre fort aimable et très-attirante (voyez le Catalogue de cette vente rédigé par M. Gabriel Charavay). C'est tout ce qui reste de cette précieuse collection du cabinet d'un amateur où figuraient aussi Louise de la Fayette, la duchesse de la Châtre, Marie de Hautefort, la princesse de Conti, la duchesse de Porsmouth, etc., etc. : — une Académie de femmes, le Décaméron de l'histoire.

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