‹ Madame Putiphar. 2. éd., conforme pour le texte et les vignettes à l'édition de 1839. PréfChapitre 7 sur 32 · PREFACE. XVII · texte numérisé non relu

PREFACE. XVII

son amour, il va froidement dans la bibliothèque prendre un livre du citojen de Genève et met sous les yeux de la Pompadour cette pensée de la Nouvelle Héloïse : « La femme d'un charbonnier est plus estimable

QUE LA MAÎTRESSE d'uN ROI. ))

La Pompadour ne répond rien, mais elle fait mettre mon Patrick à la Bastille, pendant que le colonel marquis de Villepastour fait transporter Déborah au Parcaux-Cerfs. Mais si Patrick est un loup, Déborah est une lionne. Pharaon a beau prier, supplier, se traîner à ses genoux, elle résiste, elle est superbe. « Vous finirez, dit le roi, par me rendre brutal ! » Le tome I" de Madame Putiphar se termine par la lutte et la résistance dernière de Déborah.

Dans le tome II de son ouvrage, Petrus Borel sème avec prodigalité les cachots ténébreux, les escaliers humides, les geôliers farouches, les souterrains sanglants et les oubliettes, toutes les fantasmagoriques des mélodrames. Déborah est enfermée au fort Sainte-Marguerite, et parvient à s'en échapper. Patrick et Fitz-Harris, réunis par le hasard, croupissent dans des culs-de-basses-fosses, à la Bastille ou à Vincennes. Au surplus, il y a vraiment là des pages saisissantes et eifroyables. Les longues heures des deux martyrs sont comptées avec une cruauté sombre qui commence par faire sourire et qui finit par terrifier. Telle scène ou Fitz-Harris meurt en maudissant ses bourreaux, où le délire le gagne, où il revoit, moribond en extase, son comté de Kerry, Killarney la hautaine, le soleil, les arbres, les oiseaux ; où Patrick demeure bientôt seul dans l'ombre, avec le cadavre de son ami, cette scène vous étreint à la gorge comme une poire d'angoisse. Petrus prend ainsi comme un violent plaisir à vous inquiéter et à vous torturer.

Quant à la fin même de l'histoire, la voici. Déborah a eu un fils, le fils de Patrick. Elle l'a appelé Vengeance. C'est une façon de désespéré taillé sur le patron d'Antony,

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