Dame d'honneur de la grande-duchesse de Saxe-Weimar
été le scandale de tous ceux qui en ont été les témoins .
« Que devient votre projet d'écrit sur la conversation, et l'ouvrage de Benjamin sur les religions, et la dissertation de Schlegel sur Phèdre ?
« Ne m'oubliez pas, je vous en prie, auprès de vos enfants et de votre cousine. Croyez à mon attachement, d'autant plus vrai qu'il fut toujours réservé dans ses expressions. »
Mme Récamier revint en effet par Lyon, d'où un accident arrivé à son domestique la força de poursuivre sa route vers Paris, seule avec sa femme de chambre. Camille Jordan s'en incruiétait un peu et lui écrivait :
« Lyon, 4 octobre 1807.
« Avec quelle impatience j'attends, chère Juliette, cette lettre que vous m'avez promise et que déjà je m'étonne de n'avoir pas reçue! Comment n'être pas en quelque souci de ce voyage étourdiment entrepris sans domestique , avec votre frêle santé, par un temps si peu favorable? Tout ce qui vous connaît ici en est très-inquiet; moi, cependant, je l'avoue, un peu moins que les
autres : car je sais que les trois grâces qui vous accompagnent toujours ne sont point en route un inutile cortège; qu'elles vous attirent, partout où vous paraissez, les plus empressés services. Je crois vous voir, de poste en poste, l'idole des postillons, la meilleure amie des maîtresses d'auberge, et c'est bien, j'en suis sûr, cet instinct confus de votre universel empire qui vous donne en voyage tant de hardiesse dans la poltronnerie et qui vous a fait braver toutes nos prudentes recommandations.
a Je voudrais vous reparler de mon plaisir de vous avoir vue, de mon serrement de cœur à votre départ, de ma tendre affection. Mais, comme je vous l'ai dit, je suis un peu découragé de vous exprimer tout cela, quand je pense combien vous êtes un enfant gâté d'amour et d'amitié, combien mes simples et tendres expressions doivent vous sembler pâles après les gros soupirs du baron * et les sanglots de la baronne 2 et les transports de Milady 3. Cependant il est vrai que si