La baronne de Staël
3. Lady Webb, Anglaise belle, sensible, un peu légère, que le blocus continental avait retenue en France.
vous regardiez moins à ce culte extérieur , vous trouveriez -peu de vos amis qui me le disputent en constante et réelle tendresse ; et dans ces deux passages j'aurai appris, s'il était possible, à vous aimer davantage encore. Vous avez été si parfaite envers moi, vous m'avez manifesté des dispositions d'âme qui m'ont tant touché; je vous sais tant de gré de retrancher tous les jours à la coquetterie pour ajouter aux sérieuses, aux religieuses affections ! C'était mon ancien vœu que votre perfectionnement et votre bonheur, et il m'est bien doux de le voir si proche d'être accompli. Pourquoi seulement, avons-nous si peu causé de cette intéressante réforme ? Pourquoi des importuns nous ont-ils sans cesse troublés dans nos conversations intimes? Pourquoi étais-je moi-même si tristement et si cruellement préoccupé? Mais à propos de cette préoccupation je me hâte de vous dire que votre passage comme celui d'un bon ange, semble en effet me porter bonheur. Mon enfant va toujours de mieux en mieux, et n'exige plus que des soins, sans donner l'ombre d'inquiétude. Nous avons enfin des nouvelles de Degérando, qui assure qu'il se rétablit, quoique avec lenteur. Je respire donc et vous me
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trouverez, je l'espère, au printemps, avec un visage moins triste, tout entier au plaisir de vous revoir, de vous accompagner et inflexible pour vous traîner dans nos musées et nos vallons et vous faire admirer de vive force toute votre patrie. Vous le devrez au moins par reconnaissance, car c'est merveilleux comme dans ce peu de jours et sans paraître y toucher vous avez ajouté de cœurs à tant de cœurs déjà conquis. J'entends dire que les Delphin i chantent en chœur vos louanges, je vois deux belles-mères vaincues convenir que leurs gendres avaient raison, je vois ma Julie toute pénétrée de votre charme et jusqu'à ma fille, redemandant tendrement la belle dame qu'elle a vue, vous attester combien il est dans mon sang de vous aimer. Il n'est que Milady dont je ne puis vous donner de fraîches nouvelles. Je m'y suis présenté une fois sans la trouver.
« J'espère que vous n'aurez pas oublié la lettre pour les Degérando et le mot pour Antoinette.
« J'écrivis le jour même de votre départ à la baronne 2 et, pardonnez, la contagion d'indis-