‹ Madeleine drame en cinq actesChapitre 3 sur 69 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

MARI INNE, seule ; pais M ADKLKINK.

MARIANNE

Comme la v'Ià heureuse, celte petite Nicole!... ; Il n'y a pas bien longtemps il n'en aurait pas fallu davantage à Madeleine pour la rendre tout aussi contente; tandis qu'a présent... (La porte de la 'Snafontfiette de Madeleine s ouvre.) La v lal comme elle est trille encore ! [Madeleine entre i >ans a P* rcevo * r * a tante. Elle sc dirige vers lafyorte du fond ; elle s y arrête et regarde tristement en dehors.) Oh! il faut que je sache...

I Elle se rapproche d elle, puis l appelant.) Madeleine! Klle ne m’entend pas!... ( Plongée dans sa rêverie , Madeleine ne l’entend pas Appelant ie nouveau.» Madeleine!..

MADELEINE. V apercevant.

Ah! c’est voua, ma bonne tante!...

MARIANNE

Quest-ce que tu regardais donc avec tant dat- ! lention, que tu ne m as pas même entendue t’appeler?

madeleine. affectant un air d'indifférence et allant s'asseoir en prenant son métier à dentelle

qui était sur le banc.

Rien. . mais rien. #

Marianne, l'examinant.

T as pleuré!

Non... vous vous trompez.

Tu n'es pas franche avec moi. Tu ne m'aimes donc pas?

Ah! ma tante! moi- ne pas vous aimer, apres mutes les preuves d'affection que vous in'avcz données el que vous ne cessez de me donner chaque jour! N'est-ce pas vous qui, à la mort de ma mère, êtes venue a mon aide? n’est-ce pas vous qui avez soutenu la pauvre orpheline? Si je suis une habile ouvrière en dentelle, si j’ai été mieui élevée que ne le sont d'ordinaire les jeunes fille*

du village, n'est-ce pas a vous que je le dois encore ?

MARIANNE

C'est bien, c'est bien... parlons d’autre chose Dis-moi, Madeleine; tu sais que madame de Francheville est arrivée a son château des Bruyères...

Madeleine, se remettant à travailler Oui, ma tante, depuis environ huit jours

MARIANNE

Est-ce que .t’as été la voir?

J’attends qu'elle me fas*e prévenir.

MARIANNK.

D'ordinaire, sitôt arrivée elle t'envoyait chercher... Apres tout, je ne serais pas fâchée de le «oir aller moins souvent au château

Pourquoi donc, ma tante?

MARIANNE

Parce que l’an dernier, c’esi a peine si je t'ai vue de toute la saison ; tu passais tes journées entières au château, et si par hasard quelque occupation te retenait ici, tu étais aussi triste, aussi maussade que je te voyais joyeuse quand tu allais là-bas.

Vous savez, ma tante, combien j'aime madame de Francbeville! elle a toujours été si bonne pour moi !

MARIANNE

C’est une digne dame qui te porte un véritable intérêt. J’en ai eu la preuve l'an passé, la veille de son départ-

Comment?

MARIANNE

Tu la priais de t'emmener avec elle à Paris ; je l'ai entendue te répondre : Non, Madeleine, non... pour êlre heureuse, il faut que tu reste* au village... tu pourrais prendre a la ville des idées qui ne conviendraient pas à ta position ; croismoi : fais choix pour mari d'un brave et honnête garçon; je n’ai pas oublié que ta mère a nourri ma fille, et a mon retour, aü printemps prochain, si tu t’es décidée, je te promets de te doter et de signer à ton contrat. T’es-tu souvenue de ces bons conseils-là? as-tu fait un choix ?

Ma tante, je ne veux pas me marier.

Tu ne veux {As le marier!... Écoute-moi, Madeleine, car il faut queje le dise une bonne fois toute ma pensée! Je ne sais pas faire de belles phrases comme t'en fais, je ne sais pas lire comme I toi dans ces beaux livres qui, je le crains ben, le tournent l'esprit plutôt qu’ils ne l’instruisent; mais j'ai de l'expérience... j’observe... et... je • gage que depuis longtemps- t’as dans la tête quelque folle idée, et dans le cœur un chagrin qui « augmente tous les jours.

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