SCÈNE VI
GEORGES. M" e DE FR ANCHEVILLE.
GEORGES
Pourquoi rester ici plus longlems, Caroline?.. Pourquoi me regardez-vous ainsi?
M“ e de francheville, fermant la porte de la chambre de Madeleine.
Avant de m'interroger, monsieur, répondezmoi. Tout à l'heure, quand Madeleine protestait de son innocence, quand elle semblait près d’en donner la preuve, pourquoi avez-vous pâli? pourquoi avez-vous tremblé T
GEORGES
Moi 1
M®° DE FRANCUEVILI.K.
Je l’ai vu.
GEORGES
Avez-vous été plus maîtresse que moi de votre émotion? Ht que voulez-vous conclure de cet in- | térêl dont je n’ai pu me défendre?
U me DE FRANCHEVILLE.
Que Madeleine est innocente, et que ce u'est pas elle qui a tué son enfant.
GEORGES
Et qui donc osez-vous soupçonner?
M ne DE FRANCHEVILLE.
Vous me le demaudez ?...
GEORGES
Qui donc, madame?...
M m * DE FRANCHEVILLE.
! Vouai
MAGASIN Tll T. AT R AL.
Georges, avec colère.
Moi!
M me t>E FRAKT.HKT1LLE.
Oh! parler plus bas, et justifiez-vous, monsieur; car vous savez qu’. aujourd'hui votre honte | serait ma honte! Dissipez ces doutes qui me bri- j sent le cœur. Expliquez-moi par quelle étrange | coïncidence hier au soir, à peine Victor était-il arrivé, et précisément à l'heure à laquelle le meurtre de l'enfant de Madeleine a été commis, vous êtes sorti mystérieusement du château ' Pourquoi vous étiez si troublé au retour! Pourquoi vos vêlements étaient en désordre et votre main ensanglantée. Répondez à tout cela, monsieur!... répondez !
GEORGES
Accusé par von», Caroline
M mc pE FRANCHKVIME.
Oh! répondez donc!
GEORGES
F.h bien, madame j'y consens... Informé du retour prochain de Victor, qu'André était allé trouver a Paris, j'étais parvenu à persuader a monsieur Lambert qu’il fallait séparer Madeleine de son amant; je vous l'avais dit. En voyant monsieur de Prancheville arriver plus têt que nous ne le pensions, j’ai en toute hâte rouru chez monsieur Lambert, pour le prévenir et l'engager à emmener Madeleine le soir même. Malheureusement, il n’était pas chez lui; pour ne point éveiller les soupçons, et pour abréger mon absence, j’ai passé par le parc, et je me suis blessé en refermant la grille. Quant à l'émotion, au trouble que nous avez pu remarquer en moi. c'était le résultat de la violente contrariété que j’éprouvais dp voir ainsi tous nos projets renversés. Voila, madame, la réponse à toutes vos questions, et '.explication de ma conduite.
M®° DE FRANCIIKVILt.B.
Oh l Georges ! Georges 1 puissiez vous dire vrai!
GEORGES
Vous voilà bien, vous autres femmes, audacieuses dans la pensée, faibles d*ns l’exécution ! Cette fortune que vous ambitionniez pour votre fille, allait passer dans des mains étrangères ; tout était perdu et vous vous désespériez! Le hasard. Ou la fatalité, si vous le voulez, nous vient en aide, et voila que tout a coup la peur vous saisit et vous glace! Oui, sans doute, les choses sont allées plus loin que nous ne l’aurions voulu... Je déplore comme vous l’affreux délire de Madeleine et le crime qu’il lui a fait commettre... Plaignons-la... snuvons-la... mais ne faiblissons pas au moment de toucher au but.
XI®* DE FRAVrilEVIIXE.
Oh! du moins, monsieur, rappelez-vous votre promesse! sauvez-la! snvivez-la!
georoks, voyant la porte de Madeleine s ouvrir.
Nous ne sommes ulus seuls.
.SCÈNE VH.
Les Mêmes, MARIANNE Marianne, entrant.
Une voiture vient de s’arrêter devant la porte du jardin.
Georges, à M m de Francheville.
Il faut vous assurer si c’est bien la voiture que
Pierre devait amener.