ANTOINE
Monsieur de Francheville est parti ce matin pour Toulouse, et n’est pas encore revenu.
GBOnGES.
C’est bien, allez. [Antoine sort. Georges revenant A M me de Francheville.) Je vous le répète, Caroline, nous parlons demain... Votre faiblesse nous perdrait. Pourquoi cette visite mystérieuse à monsieur Lambert? Qu’alliez-vous faire chez cet homme, dont l’ceil scrutateur aurait pu facilement lire dans votre âme? Ne pouviez-vous au moins commander à votre voix d'être ferme, à TOtn visage d'être calme?
M® # DE PRANCHBVILLB.
Puis-je commander à mon cœur? puis-je en chasser le remords qui le déchire?
GBORGRS.
Le remords ?... et de quoi donc vous repentezvous?... Ce que nous avons fait, ne le ferionsnous pas encore? Madeleine pouvait accomplir notre ruiue; elle a voulu lutter contre nous, et comme tout obstacle, j'ai dfi le briser... Mais sa fuite, sa disparition l'ont mise à l'abri de toutes recherches, de toutes poursuite*.
M m « DE FRANCHEVILLE.
Et son enfant?
GEORGES
Je vous l’ai dit : il est perdu pour Victor... pour sa mère; mais il existe.
M m« DB FRANCHEVILLE.
Vous me l'avez juré... Ne m’avez-vous pas trompée?
GEORGES
Dans quel but? pourquoi me soupçonner d’un crime inutile?... Ce qu’il me fallait» c'éUit l’é*
magasin theatrat.
loignement du fils de Madeleine, et uuu sa mort.
M m * DR FRANCIHtVlLLK.
Mais elle... clic... qui a cause de nous, et par nous, a été flétrie, condamnée... Elle, que nous avons séparée de son enfant... Le désespoir l a tuée, sans doute! C’est pour venger sa mort, qui est notre ouvrage, que Dieu m'a frappée dans ma fille... F.t vous voulez que je sois calme... Mais n’ai-je donc à combattre que le sou\cnir de Madeleine?... Depuis hier, n'ni-jc pas sous les yeux Victor, pâle et défaillant... Victor, que nous avons tué aussi, peut-être!
GEORGES
Que pourrait à présent Victor pour Madeleine?
M“ e DB FRAIS CHEVILLE.
Il réhabiliterait sa mémoire, il me pardonnerait peut-être.
Et voilà ce qui vous préoccupe... la mémoire d’une morte, le pardon d'un mourant... Vous me faites pitié!
Il“« DEFRANCUBV1LLE.
Et vous... vous me faites horreur!
GEORGES
Soit; mais je ne vous laisserai pas renverser dans un jour de faiblesse l’œuvre de deux années.
M no DK FR VNCHF.YILLE.
Oh! taisez-vous, labez-vous!
GEORGES
J’entends du bruit .. C est Victor qui rentre, •ans doute... Allons, remcLtcz-vous, Coroline, remettez-vous.
ANTOINE, entrant et remettant une lettre.
De la part de monsieur le lieutenant de police. GKUUGES.
Donnez. (A la Paronne.) Il s’excuse sans doute de n’avoir pu se rendre au château, comme il me l’avait promis.