M !U« DE FRANCHE VILLE
Comment?
VICTOR
Était- ce donc vivre que d oser a peine parler et se mouvoir... que de torturer sans cesse son corps cl son Ame... Non... non... je veux reprendre nia place a !a cour de Toulouse... J’ai tout a l’heure annonce au président que je nie mettais à sa disposition, cl que dès aujourd’hui il me trouverait prêt a instruire l'affaire qu'il jugerait à propos de me confier.
, GEORGES
Mais ce travail sera au-dessus de vos forces.
VICTOR
Non, non... Mon corps s’est affaibli ; mais mon esprit a conservé toute son énergie... C’est lui qu’il faut que j'occupe, que je fatigue.
GEORGES
1 Le repos le plus absolu vous était ordonné.
VICTOR
: Ne comprenez-vous pas que c'est le repos qui
me tue... Ne comprenez-vous pas qu’t! est un ! souvenir qu’il faut a tout prix que j’effare de ma pensée... Hier encore, tic m'avez-vous pas en- I tendu prononcer avec des cris de dcMispoir le nom i de cette infortunée que je ne puis chasser de mon cœur... ce nom qu'il faut que j'oublie pour ne pas douter de la justice de Dieu.
GEORGES
Allons, mon ami, éloignez cc triste souvenir.
VICTOR
M“ f DE FRANCUKVILLE.
C’était ma vie... En vain tout semble l'accuser... Je l’aime, entendez-* ous... je l'aime encore, folle, condamnée, et morte, sans doute, comn / j'aimais la douce cl confiante jeune fille qui avait eu foi en mon amour et en mon honneur... Je l'aime comme si elle était la, devant moi; offrant à mes baisers le front de notre enfant... de notre enfant, que dans son délire... Ah! madame, vous qui pleurez votre fille, en m’écoulant, vous comprenez maintenant toutes mes tortures... Vous voyez bien, Georges, {se frappant le front ) que c'est la qu'est mon mal... Vous voyez bien qu’il me faut du travail, vous voyez bien que le repos me tuerait.
11 tombe sur son fauteuil.
MÀt>KUJJ£.