SCENE V
Les mêmes, BOIIRGILLON, JOSEPH.
JOSEPH, portant un plat.
V'ià le poulet ! {En voyant Arthur embrn*‘ier Madelon il pou$te an ai et lâche le plat.
DOÜRGILLON, « Arthur.
Bravo, mon officier !
MADELON, jetant «» cri.
Ah ! {Elit tt sauve par la droite.)
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A€TE n, StÉNÉ VI. 39
SCÉINE VI.
ARIHUR, BOlJRGILLON, JOSEI'H.
ARTHUR
Je ue sais où ]'en suis !... Quelle vivacité ! Quelle grâce BODRGILLON, lui frappant *ur f épaule.
Ah ! ah ! l’homme incombustible, vous voilà onllainmé coraise les autres I
ARTHUR,' À lu\
Moi ! Allons donc!...
* ' • lOSERU, à part.
Elle ne l'a pas manqué !
ARTHUR
' J’ai causé, j’aiVi, j’ai chanté avec elle,... mais voilà tout.
nOURGlLLON-
Voilà tout! soit! mais convenez que notre Madclon est une véritable Armide ! .
ARTHUR, à part.
Ah! oui!... (A{feclant l’indifférence.) Elle est aimable.' ' BOURGILLOM. '
Aimable? Adorable ! • - , ■ •
JOSEPH
Adorable? allons donc... elle est... adorable!'
ARTHUR, à part.
Si adorable qu’il faut la fuir! ^ ' ■ >*' • r:.( f
JOSEPH
Qu’esl-cc que je ferai du poulet ? ' .
ARTHUR. . . . ,
Mange-le, et laisse-moi tranquille !
JOSEPH. . . ■ , -
Meici, il est gras.
ARTHUR, à part. .
J m’éloigner:... à présent ou jamais. (Haut.)
JOSEPH, revenant.
Monsieur?
ARTHUR,
Mon compte, et (jue l’on selle mon cheval.
JOSEPH
Ab bah !
40 MADELON
BOURGILLON.
Vous partez?
A&THCR. , ,
A l’instant.. {A Joseph.) N’entends-tu pas?
JOSEPH
Voilà, Monsieur!.. {Criant.) Poulet rôti !.. {Se reprenoM.)
Non!., sellez le numéro trois!.. {H tot^.)
' * vJ . ’ V . -
.. SCÈNE Vil. .
AR'riIÜR, BOURGIEEON.
BOURGILLOH. ' ‘
.Quoi! VOUS, si brave ce malin , vous av^ peur de Madelon, au point de fuir devant elle!
• ; ARTHUR, {avec impatience.).,. * 1 ..,. - ;
Eh! non, je n’ai pas peur!.. Ce n’est p^ à cause de Madelon que je pars, mai'«... on se bal en Italie... et, puisqu’à présent je n’ai d’autre fortune que mon état,, je vais taire le coup de mousquet, comme volontaire, en attendant la commission qui m’est promise ! , . ,
BOURGILLON.
J’ainoe miçux ça que de vous savoir amopreujt.
ARTHUR
Vous seriez jaloux? 1 «. i ' •
BOURGILLON.
Peut-être!., mais si j’apprends avec plaisir que- vous ne pensez pas à la séduisante hôtesse des Barreaux Veris^ c’est qu’une pareille fantaisie aurait pu vous nuire, empêcher une excellenio affaire!
ARTHUR
Pour moi?
BOURGILLON.
Oui,... cette jeune fille, dont vous me parliez tantôt, contre laquelle vous êtes si furieux, qui vous a gajjné votre fortune !
ABTHÜR.
Au jeu de la justice,... jeu de hasard, comme le lansquenet: ... ehl bien?
AGIT ir, sgEne VII.
BÛUKGILLON. , ..
C’est Madeii.oisül'e Malpart! ‘ ' ' ‘
ARTHUR.'” ‘ . -
Vous la connaissez? ; i
BOURGULLON.
Oui,... et de plus j’ai beaucoup connu son père !.
ARTUUR.
Je ne vous en fais pas mon compliment!.
BOOBGlLU>N. : . .
Habile procureur! ? , .
artÎiur. ^ .
Qui m’a ruiné ! > . ' ’
BOURGILLON. »
Justement! ' -
ARTHUR
Ah! vous trouvez juste!..
. , BOURGILLON.
Je ne dts pas cela... je dis preuve de son habileté... Sa fille, donc, que vous accusiez d’oubli, est, vous le savez, à St.-Germain ? '
ARTHUR. . " '
J’ai refusé de la voir!
BOURGILLON. ‘ ' '
Mais elle va revenir ici ! ' ‘ ‘
Je serai parti ! ' . .
BOURGILLON. ’ ‘ ’
Vous ignorez l'objet de sa visite? ’ ’ . .
ARTHUR
Que m’importe ! , , . ^
BOURGILLON. '
Elle vous a offert une partie de sa fortune !
ARTHUR
Je la refuse 1 • "
BOURGILLON. ^ j
Je comprends ce scrupule!., mais j’ai trouvé un moyen tout simple, tout naturel de satisfaire l’excellente demoiselle, et de mettre à. son a^se votre délicatesse.
AR1HUR. ’ ‘
Et quel est ce merveilleux moyen? . ....
Il A DEDON
BODRGlLLOry.
Parbleu ! un mariage ! , • . , i
ARTHOR, se moquant.
Vraiment!.. :