CHAPITRE III
jaunie, flétrie qu'elle avait sous les yeux et qui, en dépit des années, des fatigues et des peines, gardait encore la trace de meilleurs jours.
— Mais je m'oublie avec toi, nourrice, je dois aller panser la jambe de Grisette, que cet animal de Victor a fait couronner l'autre jour. Après <;a, j'irai voir comment va le père Michel, qui s'est de nouveau fracassé la tête dans les escaliers de sa cour, et puis, je pousserai jusqu'à l'école, où j'ai un rendez-vous avec le docteur, c'est jour de vaccine, tu sais.
Pour la première fois, la ligure de la vieille femme s'éclaira d'un sourire.
— Mademoiselle Catherine, je me demande ce que vous deviendriez si, tout à coup, il n'y avait plus ni malades, ni ivrognes, ni accident sur la terre ; si gens et bêtes allaient toujours se bien conduire et se bien porter.
M ,le Catherine prit un air perplexe et passa la main dans ses cheveux, qui n'en furent ni plus ni moins hérissés.
— Ce que je deviendrais, nourrice, je n'en sais rien ; mais, ajouta-t-elle en riant, je ne crois pas que pareil malheur me soit réservé. A présent, je me sauve. A ce soir, nourrice, je reviendrai passer un bout de veillée avec toi.
La porte se referma, et la vieille femme se retrouva toute seule avec le joli bébé qui continuait à dormir le plus paisiblement du monde.