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CHAPITRE XXIX

exactement comme lorsqu'elle était enfant. Vous souvenez-vous, Edouard, du jour où elle est revenue perchée sur la bosse d'un chameau, avec quatre singes sur les genoux et les épaules ? Eh bien! croiriez- vous que j'ai eu toutes les peines du monde à l'empêcher d'en faire autant l'été dernier, de plein jour, et devant une foule de badauds ? Elle n'y a renoncé qu'en me voyant près de me sentir mal.

Tout le monde se mit à rire, à l'exception de M 1,e Uranie, qui ne trouvait rien de gai à ce qu'elle venait de dire, et d'Alex, qui n'avait pas entendu.

Après le dîner, chacun chercha à employer du mieux qu'il pouvait les dernières heures de cette soirée d'été. Maman et tante Uranie descendirent au jardin, et les messieurs prirent le chemin de la terrasse pour y fumer leur cigarette.

— As-tu encore très mal? demanda Théo en s'arrêtant près d'Alex, qui était restée debout, ne sachant trop où aller, mais décidée à fuir la société des dames comme celle des messieurs.

— Qui ? moi ? non, oui, je n'en sais rien.

Il sourit.

— Si tu n'en sais rien, c'est bon signe, dit-il; j'avais peur que Nini ne fût la cause de ton mal de tête .

Alex lui tourna brusquement le dos.

— Parce qu'elle aussi a gardé la mauvaise habitude de rester au soleil sans chapeau, pour-

suivit-il, et tu sais, les mauvaises compagnies... En ce moment, la voix de M. Délie, appelant de la terrasse, vint les interrompre. Théo le rejoignit, pendant que son amie quittait la chambre en courant et ne s'arrêtait que derrière la porte de nourrice.

— Ah î c'est toi, ma fille ; quelles belles couleurs tu as, aujourd'hui ! Voilà comme tu devrais être toujours.

Alex ne répondit pas, elle s'approcha de la fenêtre ouverte et se pencha au dehors.

— As-tu été à la maison grise ? demanda nourrice, en suivant la direction de son regard.

— Non, pas aujourd'hui, mais j'ai eu la visite de Nini, elle est revenue pour les vacances.

— Ça me fait plaisir, c'est une brave enfant, ils sont tous de braves enfants, mais ce n'est que justice; à présent, ils rendent à leur mère ce qu'elle a fait pour eux quand ils étaient petits, ce n'est que justice; mais tous les enfants ne font pas ainsi, les parents recueillent plus souvent leur ingratitude que leur reconnaissance.

— Comment sais-tu ce qu'ils font pour leur mère, nourrice? demanda Alex sans se retourner.

— C'est elle-même qui me l'a dit; elle est souvent venue me voir depuis la mort de son mari, et elle m'a raconté des choses bien touchantes sur leur compte.

M lle Alex se rapprocha du fauteuil de nourrice,

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