CHAPITRE XXXI
L'été avait passé, emmenant avec lui les longs jours, les chaudes soirées, et à leur place il avait laissé un petit vent âpre qui donnait le frisson.
Déjà les peupliers de l'avenue se faisaient tout chauves, tandis qu'à leurs pieds et comme pour les narguer, tourbillonnaient en rondes folles les feuilles dorées dont ils venaient de se dépouiller.
Sur le versant de la vallée, les sapins semblaient plus sévères et plus sombres, comme s'ils réfléchissaient en attendant l'hiver. A la maison grise, tout était rentré dans l'ornière habituelle. Raymond, Irène, Nini, n'étaient plus là pour organiser de joyeuses équipées, et M me Vidal n'avait plus que sa petite Rose pour lui faire société et parler des absents, de ces beaux jours si vite envolés, de cette dernière soirée passée aux Peupliers, où, elle aussi, était venue prendre place au joyeux festin préparé sous les grand pruniers que l'on avait habillés, pour la circonstance, de belles lanternes, qui devaient, au moment voulu, remplacer le soleil et la lune.
Oui, elle était venue s'asseoir à la table de fête, • bien qu'elle eût le cœur serré et eût préféré la so-