CHAPITRE XI
Mais, pour le moment, celui de M ,,e Alex ne ressemblait point à un désert : papa, nourrice, tante Catherine, le docteur, le gros chat borgne, le vieux chien Pattaud, tous y avaient accès, tous, une seule chose exceptée, les leçons de tante Uranie; et c'était à ce triste sujet que papa était généralement obligé de gronder. Quand sa belle-sœur lui avait fait quelque douloureux récit sur la paresse et l'inattention de sa petite fille qui semblait préférer à ses leçons le gros chat borgne et le vieux chien sans queue de tante Catherine, il était obligé, bien contre son gré, de prendre une figure solennelle pour avertir petite Alex des dangers de la paresse et de la légèreté.
Mais à la vue de son repentir, de son désespoir, il la prenait bien vite dans ses bras et se hâtait de l'assurer qu'il n'était plus fâché, non, plus du tout, car tant qu'il restait un doute à ce sujet dans le cœur de la fillette, ses larmes coulaient comme si elle eût été décidée à se fondre en ruisseau comme la pauvre petite Ondine.
Alors, papa, tout heureux de l'intensité d'affection de son enfant, la serrait sur son cœur, comme s'il eût voulu ne plus s'en séparer, et petite Alex. avec des yeux qui brillaient comme des étoiles, disait en le regardant : On s'aime> n'est-ce pas, papa? On s'aime plus que le monde entier.