CHAPITRE XIII
sition d'Uranie me semble un bon intermédiaire;
— J'ai beaucoup observé ces enfants aujourd'hui, ajouta M lle Uranie, et tout ce que j'en ai vu m'a prouvé qu'ils ont été élevés avec soin; je crois qu'Alex ne peut que gagner avec eux.
A ces mots, les yeux de M 1,e Catherine brillèrent de plaisir et peu s'en fallut qu'elle ne tendît la main à son ennemie.
— Eh bien! moi, dit M. Délie, je ne suis pas très sûr que la compagnie d'autres enfants soit bonne pour Alex; elle était beaucoup trop surexcitée, ce soir, et sa désolation au moment d'aller se coucher n'était pas du tout naturelle.
— Mais, dit tante Catherine, je suis sûre que ses larmes ne provenaient que du chagrin d'être séparée de ses amis.
M. Délie se mit à rire.
— Prends garde, Catherine, j'ai peur que tu ne deviennes romanesque. Alex était fatiguée et énervée, je l'ai remarqué toute la soirée; et sa répugnance à rester seule dans l'obscurité en est la meilleure preuve.
Il y eut alors un assez long silence que M lIe Uranie rompit pour reprendre, avec son beau-frère, le sujet qui lui tenait à cœur et lui soumettre différents modes d'éducation. Pendant ce temps, M 11 ® Catherine, assise au fond de la chambre, la tête appuyée à la muraille, s'efforçait d'étouffer ses bâillements; mais bientôt, sa respiration tran-
ÏH> PETITE ALEX
quille et sonore apprit aux deux causeurs qu'élit venait de partir pour le monde des rêves.
M. Délie se retourna.
— Pauvre Catherine, elle n'en peut plus ; madame Vidal peut s'estimer heureuse de l'avoii trouvée sur son chemin, car rien ne lui coûte poui ceux qu'elle veut bien admettre dans ses affections.
Il n'avait pas achevé de parler que tante Catherine ressautait violemment et poussait un cri : « Quelle horreur ! Tout est cassé ! »
— Mon Dieu, que je suis stupide, dit-elle en se levant brusquement; je crois que j'ai dormi; je rêvais que je laissais tomber un service à thé que Rose m'a montré et auquel elle tient comme à ses yeux. Là-dessus, je vais me coucher, bonsoir.
— Et moi, je suis ton exemple, dit M. Délie, aussi éreinté par les modes d'éducation que tante Catherine par sa laborieuse journée.
Mais, avant de se retirer chez lui, il passa dans la chambre rose, pour s'assurer que le sommeil de sa petite fille était paisible et naturel.
— Elle n'a point du tout de fièvre, pensa-t-il, en touchant la petite main fraîche qui reposait sur la couverture, et, tout heureux, il se pencha pour l'embrasser. Mais... qu'est-ce que cela voulait dire ? La joue de la mignonne dormeuse était tout humide... Aurait-elle pleuré?
Monsieur Délie passa la main sur le petit oreil-