CHAPITRE III
Un matin que M 1Ie Alex se prélassait tout à son aise sur les genoux de sa vieille amie, répondant, dans son langage, à ses protestations d'amour, la porte s'entr'ouvrit tout à coup, et une dame d'un certain âge, très mince, très pâle et vêtue de crêpe de la tête aux pieds, s'approcha avec précaution de la petite exilée.
— Eh bien ! nourrice, comment cela va-t-il ?
— Gomme d'habitude, mademoiselle Uranie, nous nous portons bien, nous avons bon appétit et nous devenons une grande fille, voyez plutôt.
Sans ajouter un mot, la dame ajusta un lorgnon sur son petit nez mince et pointu, s'inclina sur bébé Alex et l'examina longuement de très près, comme si elle eût fait une étude approfondie des tissus de sa peau.
— Gomme c'est laid, un petit enfant, n'est-ce pas, nourrice ?
— Laid ! s'écria la vieille femme en jetant sur sa visiteuse un regard courroucé, et qu'est-ce que mademoiselle trouve de laid à notre bébé ? Sont-ce ses jolis cheveux, ses yeux bleus, son mignon petit nez ? Que mademoiselle dise ce qu'elle lui