‹ Mademoiselle Alex: nouvelleChapitre 77 sur 152 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Pendant que M. Alphonse se rendait auprès de son futur beau-frère pour lui annoncer qu'il allait enfin voir se réaliser le plus cher de tous ses vœux, petite Alex, ainsi que l'avait dit tante Catherine, s'était enfuie loin de la maison, loin du jardin, loin du petit chemin où autrefois elle venait attendre le retour de papa. Elle avait passé comme l'éclair devant la grille du presbytère, où résonnaient en cet instant les voix joyeuses de ses amis et était arrivée, toujours courant, sur la grande route, où elle ne ralentit sa course que lorsqu'elle eut dépassé la dernière maison du village.

Pauvre petite Alex, elle ne savait ni ce qu'elle faisait ni où elle allait; elle courait pour échapper à sa cuisante douleur et fuyait inconsciemment tout regard indiscret.

Bientôt pourtant, elle se sentit fatiguée de longer cette route blanche et droite qui semblait ne vouloir jamais finir, la tête lui tournait, les petits pieds endoloris ne se traînaient plus qu'avec peine ; elle s'assit ou plutôt se laissa choir sur l'herbe, au bord du chemin, renversa sa petite tête en arrière, pour la mettre à l'ombre de la haie qui le bordait, et resta quelques secondes

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