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Lettre de M>ne du Défiant du 3 février

MADEMOISELLE CLAIIIOX. 265

Mais la suffisance et la fatuité de Mole, mais l'importance insupportable prise par la Clairon en cette affaire, mais même Fâpreté des placeuses de billets, indisposaient un grand nombre de gens, et c'était un toile de plaintes, d'ironies, de paroles indignées contre celte souscription, destinée à payer les dettes d'un histrion, et qui aurait pu préserver du froid et de la faim tous les pauvres de Paris, pendant un hiver. Et des satires, des épigrammes, des chansons, dont voici l'une :

Tout le Lruit de Paris, dit-on, Est que mainte femme de nom Quête pour une tragédie Où doit jouer Frélillon, Pour enrichir un liistrion.

Le faquin,

La catin

Intéresse Baronne, marquise et duchesss.

Pour un fat, pour un polisson.

Toutes nos dames du bon ton Vont quêtant dans leur voisinage :

Vainement les refuse-t-on.

Pour revoir encor Clairon, Dans Paris elles font tapage.

La santé

De Mole

Les engage.

Elles ont grand cœur à l'ouvrage.

Par un excès de vanité, La Clairon nous avait quitté; Mais depuis ce temps elle enrage, Elle sent son inutilité.

Comptant sur la frivolité, Elle recherche le suffrage

Du plumet

Du valet.

Quel courag-e, Pour un aussi grand personnage !

Le goût dominant aujourd'hui Est de se déclarer l'appui De toute la plus vile espèce, Dont notre théâtre est rempli.

Par de faux talens ébloui, A les servir chacun s'empresse.

Le faquin,

La catin

Intéresse Baronne, marquise et duchesse.

En dépit de la mauvaise humeur publique, la souscription était couverte, et le spectacle avait lieu, le 49 février 1767, rue de Yaugirard, à l'hôtel de l'Esclapon, oii était représentée la tragédie de Zelmire. Et les 24 000 livres que Mole tirait de cette représentation, étaient employées, disent les Mémoires secrets, à acheter des diamants à sa maîtresse *.

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