‹ Mademoiselle DafnéChapitre 13 sur 13 · S98 LK PETIT CHIEN · texte numérisé non relu

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prudence consommée, eut soin de se faire avancer par le duc la moitié de la somme, disant que l'argent est le nerf de la guerre, et qu'il faut en avoir même pour voler. Le duc, dont la confiance en la probité de Giroflée n'était pas des plus illimitées, fît d'abord la sourde oreille, mais enfin il se décida à donner les vingtcinq louis. Giroflée, pour le consoler, lui fit un mémoire admirablement circonstancié, d'après lequel il paraissait même devoir mettre de l'argent de sa poche.

MÉMOIRE DE GIROrLÉB.

Dix louis pour acheter un déshabillé gorge de pigeon à mademoiselle Beauveau, femme de chambre de la marquise et gardienne du petit chien Fanfreluche, afin de la disposer favorablement à l'égard de Giroflée et de lui faciliter l'accès dans la maison.

Dix louis pour faire boire le suisse, et

mmi pS8 à la sortie du susdit Fanfre»

che emporté par le susdit GiroÛée.

Un louis de gimblettes, croquignoles^ iramel, amandes, pralines et autres icreries, destinés à affrioler et à cor»

»mpre la probité du bichon.

Plus» quatre louis pour une petite tienne carline qui aiderait considéraement Giroflée dans ses projets de duction.

Sur ce mémoire, le délicat valet de

ambre ne comptait pas son temps, sa

ne tant spirituelle que corporelle, et

qu'il en faisait n'était auA

rer dans un cabaret pour boire une eille ou deux. Mais leur soif ne se le pas pour dit, et ils furent obligés de venir deux autres bouteilles, ainsi uite jusqu'au lendemain, de sorte les jambes leur flageolaient un peu [u'ils sortirent de ce lieu de délices, ji ne les empêcha pas d'aller faire nouvelle station dans un nouveau ret à vingt pas de là, jusqu'à l'épuimt de leurs finances. Alors ils s'en ent sur le Pont-Neuf acheter un on assez conforme à Fanfreluche, eur coûta une pièce de vingt-quatre , et qu'ils apportèrent triomphaint au duc Alcindor.

Alcii

fait de

Girofle

bichoQ

de joli ^

luche, q^;

de V..., c

la marqv^j^

attelage ^^

son chasseï^

et de son jq

qu*elle aiii

mari et se^

le revers^

LE FAUX fanfreluche"

Alcindor fut on ne saurait plus i fait de la célérité d'agir de Similor i Giroflée ; il possédait donc ce pré( bichon qui faisait tourner la tête à de jolies femmes, ce ravissant Fi luche, qui avait fait pâlir rétoile de de Y..., ce délicat et curieux animf la marquise était plus fière que taiya de chevaux soupe au ^

Alcin<tor, jusqu'au moment, sans doute <^*^

très prochain, où sonnerait l'heure du l*^^

berger si impatiemment attendue ' ™P'

« Versac va en crever de rage, car, mal- ''**^'

gré ses airs détachés, je le soupçoene "^^^

très fort d'être encore amouraché delà K""^

comtesse Ëliante ei de mener une in- "*

trigue sous main avec elle , » se dit '

Alcindor en faisant craquer ses doigts | **''

en signe de jubilation. I "^

Le duc, pour ne pas perdre de temps, ^^

résolut d'aller porter le soir même i la j Sf

jeune belle le Fanfreluche supposé, dont ] *

il était loin de suspecter l'identité ; U '

mine innocente Ac. Similor et de GiroDk ' éloignait du reste toute idL'c de fraude;

Alcindor était à cent lii>ucs de suppowr 1

bvi o\jo

}é, marque sur les yeux, queue en )elte ; doux jçouttes d'eau , deux ne sont pas plus pareils. Alcindor usement ne s'avisa pas de faire îr le menuet au sosie de Fanfre- ; le bichon du Pont-Neuf, totaleétranger aux belles manières du ' monde, se fût trahi par la gauchel'inexpérience de ses pas.

ndor, voulant soutenir avantageut la concurrence avec Fanfreluche, toilette extraordinaire ; son habit e toile d'or, doublé de toile d'ar-

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un bas de soie blanc à coin d'or, se faisait remarquer par Télégante rotondité du mollet et la Ûnesse aristocratique des chevilles. Un soulier à talon rouge comprimait un pied déjà très petit naturellement ; une frêle épée de baleine à fourreau de velours blanc, avec une garde de brillants, la pointe en haut, la poignée en bas, relevait fièrement la basque de son habit. Quant à sa culotte, j'avoue à regret que je n'ai pas pu constater assez sûrement de quelle étoffe elle était faite ; il y a cependant lieu de croire qu'elle était de velours gris de perle ; cependant je ne veux rien affirmer.

Quand Giroflée eut achevé de ramasser avec un couteau d'ivoire la poudre qui était attachée au front de M. le duc, il éprouva un mouvement d'orgueil ineffable en voyant son maître si bien habillé et si bien coiffé, et il courut prendre un miroir qu'il posa devant le duc. « Monsieur, je suis content de moi ; vous ^(ei

au mieux, rencontre

- Si m en noire, :

niais il c Similor, t en faveur en flagori

— Simi] duc. Mari de grande rosse. »

La voit

1 uuiei u r<ij£ium.

Le duc monta et fit annoncei signor Fanfrelucio et le duc Alcii Quoique Éliante ne fût pas visible qu'elle s'habillait pour aller à l'Op nom magique de Fanfreluche, par Sésame^ ouvre-toi^ des contes aral tourner les portes sur leurs go tomber toutes les consignes.

Quand Éliante vit dans le ce suspendu au cou d'Alcindor le fai freluche assis sur son derrière e| le museau d'un air passablement AUftiit un petit cri aigu, et, frai

« Madame, tii ^rai^^v.

Aicindor, je ne suis pas le dîabTê7 suis pas votre mari, je suis tout bonnement un homme qui vous adore. Voilà Fanfreluche ; sou venez- vous de ce que vous avez dit. »

Éliante donna un franc et loyal baiser au duc Alcindor; mais vous savez qu*en fait de baiser avec les jolies femmes, chacun se pique de générosité et ne veut pas garder le cadeau qu*on lui fait. Alcindor, qui n'était pas avare, rendit donc à Éliante son baiser con>idérablement revu et augmenté. Heureusement que Fanchonneiie entra forl k pro^o^.

. Ajes la i>6nté de vous tenir un p^ Tière ce paravent. ; dès qu'on m*auf 3 mon corset, l'on vous appellera.

- Venez, monsieur, c'est fait, » di nchonnette.

Ucindor sortit de derrière son parait.

illiantc était toute coiffée avec un œil

poudre, deux repentirs de chaque côté

col, un hérisson sur le haut de la tète,

sept pointes bien marquées, et des

Ȏs neigeux qui faisaient admirable-

t près de sa fraîche figure. Des

les blanches posées •» ♦— —

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abondants ; son corset, à demi fermé par une échelle de rabans, laissait entrevoir des beautés dignes des princes et des dieux ; elle n'avait d'ailleurs ni collier ni rivière ; ÉUante savait trop bien que le cou distrairait du collier, et que chacun crierait au meurtre pour le moindre vol fait aux yeux ; pour tout ornement, une seule petite rose pompon naturelle s'épanouissait à rentrée de ce blanc paradis.

Ses mules, pareilles à sa robe, auraient pu servir à une Chinoise.

« Duc, j'ai une place dans ma loge, dit Éliante ; vous me reconduirez , » ajoutât-elle en souriant.

Le duc Alcindor s'inclina respectueusement; Éliante prit Fanfreluche-Sosie dans son manchon , et l'on partie pour l'Opéra.

On donnait un ballet d'un chorégraphe à la mode : la salle était comble ; depuis les loges de clavecin jusqu'aux bonnets d'évôque, toutes les places étaient prises.

Ce chorégiapi le sentiment i poses d'un de:

sans jamais o vaciié de cet

duieait par de attitudes pasB ture. On appla et la pétillan le méritaient, c les vieux con avalent beau \ Rrico noble et NtdHnaeusequ d'emploi, oji ]i^

u aieu ae i oime, [Jes coraux, des perles imités en igulier éclat; un us de tout ce que ferment de plus Bilieux, des deset des vols de it exécutés. Mais iante , et Éiiante ^ et aussi un peu et le riche habilparticulièrement

lucbe, il faisait

était pas accou-

Dnne compagnie,

yées sur le de-

pno plac ces tète.

le devT dence freUic;,,

frelucha

Êliaat m\e \aiv^

tement. 0^\- Ton est piy^ ^ nir : ni les s^^ i^^

Carme, ni coi| ni les gouttes |\^ nhimebrûléf» ^^

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Soudain, ( la poi-ie d'iii Une dame, éi décolletée, i princesse, e place avec dei c'est la ma ni lêle de son m le devant de 1.

dence digne d freliiche, le vi Freluche.

Élianie l'ap.

Elle lance au r^Ndrovani-D

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avait complètement eS'acË la gloire du bichon Fanfreluche, et Atcindor avait donné un bon coup d'ëpée au chevalier de Veri!ac qui ne voulait pas que l'on allai sur ses brisées. Vftfsao no se releva lias de cet échec, et Al ci ndor devint décidément l'homme à la mode.

l.eclcur grave et morose, pariionne ce [irècieux entonillage k quelqu'un qui se souvient peut-êlre trop d'avoir lu Angola et /e Grelot, e\ docil la seule prétention a été de donner l'iilée d'un atjîe et d'une manii^re tout à fait tombés dans l'oubli.

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