‹ Mademoiselle de Rohan (volume 2)Chapitre 1 sur 39 · LE BALCON DE LA PLAG£ ROYALE · texte numérisé non relu

LE BALCON DE LA PLAG£ ROYALE

L'amovr est parfois tellement aveugle , qu'il y a des moraens où soi-même il ne se connaît pas.

{Sagea^ des nations.)

Le jour touchait à son déclin; le ciel pur brillait de cet éclat resplendissant dont le parent les derniers rayon» du soleil; une

vapeur chaude et agréable remplissait l'air, et c'était un besoin que de respirer la fraîcheur apportée par un léger vent d'Est. La duchesse Marguerite de Rohan était seule dans la salle où elle réunissait un petit nombre de favorites à ne pas souffrir, du moins en apparence, de l'ardeur de la saison; elle demeurait assise dans un riche fauteuil d'ébène sculpté et garni de carreaux de maroquin vert; elle avait la tête penchée vers le métier à broder placé un peu par côté, et là, en attitude d'une personne qui travaille, elle réfléchissait, et son esprit emporté loin de ce lieu, ne s'occupait pas de la chaleur de l'atmosphère.

Des pensées graves, pénibles et douces à la fois agitaient la fille illustre du célèbre duc de Rohan. Ce héros des temps modernes avait laissé après lui une mémoire encore dans toute sa splendeur, une fortune immense, des titres sans nombre, et pour recueillir ce grand héritage une fille seule et

Page 1