‹ Mademoiselle de Rohan (volume 2)Chapitre 32 sur 39 · LE GRAND CABINET · texte numérisé non relu

LE GRAND CABINET

dos du siège; le comte de Guitaut, capitaine des gardes de la reine , avait pris sa place aux pieds du lit; madame de Sénecé, dame d'honneur, bien que d'ordinaire elle fût auprès du roi, était en ce moment chez la régente; debout vers le milieu de la ruelle et du côié de la cheminée, il y avait un groupe formé de madame de Motteville, de mademoiselle BertautjSasœur, et de mademoiselle de Beaumoi;t, tous trois avec la sage Brégis,

les suivantes inséparables de la reine.

Quand la duchesse douairière de Rohan

eut mis le pied dans la chambre, elle fit une première révérence, et au lieu d avancer en faisant la seconde^ elle s'arrêta et demeura immobile: ceci fut un incident qui fit rougir la reine, pâlir la dame d'honneur, et étonna fort le reste de la compagnie ; on s'entreregarda comme pour s'en demander l'explication ; elle ne tarda pas à être donnée. On vit madame de Sénecé sortir delà ruelle d'un pas si hâté? qu'il en était presque peu

séant, tourner le lit et arriver jusqu'auprès de la duchesse, la saluer, puis marcher devant elle. La duchesse alors s'avança, fit la seconde révérence d'usage, et la troisième suivit lorsqu'elle atteignit le tapis de pied placé au bas du lit de S. M. et dans toute la longueur. L'assistance alors comprit que le mouvement d'arrêt de la fière douairière provenait de l'oubli du cérémonial à son égard de madame de Sénecé. On était à une époque où la noblesse française connaissait encore le prix de sa valeur et savait se faire rendre ce qui lui était dû, même en présence de ses souverains.

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