‹ Mademoiselle de Verdun; 2nd edChapitre 4 sur 27 · II · texte numérisé non relu

II

— Laissez-moi aussi , ma clière enfant, vous parler avec l'abandon et la tendresse d'un père et d'un ami bien véritable. Vous souffrez, non-seulement du corps, mais encore de l'àme ; depuis longtemps je le craignais, aujourd'hui ma crainte s'est changée en certitude.

Marie ne put retenir un tressaillement qui l'agita comme le vent agite une feuille d'arbre.

— Oh ! ne tremblez pas , reprit le prince deFiennes, n'ayez aucune terreur de moi et des connaissances que j'ai pu acquérir sur fétat de votre àme. Je ne suis point un médecin , je ne suis qu'une pauvre sœur de la Charité , qui veille les malades et qui verse des baumes adoucissants sur leurs plaies. Ainsi , mon enfant , soyez sans crainte, et ne redoutez point de me laisser lire dans votre cœur. Du jour où je vous ai

vue, du jour où j'ai pu connaître votre famille , apprécier votre caractère , juger votre entourage et la position qui vous était faite ; de ce jour-là je vous ai prise dans une grande pitié , et j'ai prévu qu'il viendrait un moment où vos chagrins dépasseraient votre courage.

Ce jour, ce moment, sont arrivés; mon amitié s'y était préparée : maintenant me voici près de vous, prêt à vous dire toute ma pensée , prêt à vous parler comme un ami sincère, et non comme un censeur rigoureux, ou, si vous le souhaitez, résolu à me taire et à vous voir souffrir, cherchant à calmer vos souffrances sans vouloir en pénétrer la cause.

Choisissez, entre mon silence ou une confiance sans bornes.

— Parlez, répondit faiblement Marie.

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