LB DÉPART
VOUS avouer, et préparez-vous à votre présentation de jeudi.
Après ces dernières paroles, le marquis de Polvil sortit, et Marie demeura seule, livrée, à ses réflexions.
Il lui prit une sorte d'épouvante en pensant à cette soirée qui devait amener son introduction dans ce monde Ôl élite, dont son oncle venait de Tentretenir. Par un retour naturel de sa pensée, son esprit se reporta sur les années qui venaient de s'écouler, sur l'intérieur de son père, sur les deux amis qu'elle y avait connus, et dont elle était actuellement séparée. Le souvenir de Georges revint dix fois flotter par dessus les autres souvenirs, et son cœur se gonfla à l'idée qu'elle l'avait quitté peut-être pour toujours, qu'elle ne retrouverait jamais avec lui une soirée semblable à celle qu'ils avaient passée sur les bords de la pièce d'eau des Suisses et dans les longues allées du bois Satory^
Quelquefois elle retenait les battements de
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soa oœur et jusqu'à sa respiration pour lais* ser venir jusqu'à son oreille , comme un son éloigné, le souvenir des dernières paroles de Georges et la mélodie gracieuse et pure de sa voix.
— 0 Versailles, Versailles, murmurait-elle, le bonheur m*a quittée en te quittant , dans tes murs j*ai goûté la paix d'heureux jours , j'ai connu les affections tendres et sincères ; l'heure qui me vit franchir tes barrières me vit aussi dire adieu au contentement de moinméme et des autres : me voilà maintenant, triste et isolée, prête à me lancer dans un monde qui, je le sens, me sera un cruel ennui. Adieu mon heureuse jeunesse, adieu mon bonheurécoulé. Et, tout attendrie, la pauvre orpheline laissa tomber sur son sein des larmes bien amè« res.
Puis elle ouvrit la oissette qui contenait le bouquet que Georges lui avait remis quelques jours avant son départ, et après l'avoir longtemps contemplé , elle le posa sur ses lèvres et