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n)éme, que dans Timpudicité de ces vêtements livrés aux regards de tous, et que le mari devrait seul apercevoir dans ses nuits heureuses.
La corbeille de mariage, achetée par la comtesse de Vauxclairs, recevait les louanges de toutes les femmes. Les parures avaient été montées par Fossin, les étoffes de vingt robes, fournies par madame Camille, étaient du meilleur goût, et Minette en avait seule confectionné toute la lingerie.
Enfin le grand jour, le jour décisif, aj^rochait; Marie avait cherché un appui contre les regrets de son cœur dans ses sentiments religieux; elle voyait arriver le jour fixé pour son mariage avec une résolution calme extérieurement, mais toute craintive en réalité.
Elle ne connaissait point le vicomte Charles de Baudrimont, tout le monde, à la vérité, lui en avait dit du bien; mais si tout le monde se trompait ou la trompait !
De son c6té le vicomte de Baudrimont se 1 23
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préparait aux exigences de sa condition future, de manière à s'attirer les louanges des directeurs de Topinion publique des salons , gens à longue vue , qui n*ont pas même conservé le souvenir de leurs erreurs et de leurs dissimulations de jeunesse, pour apprécier les hypocnsies qui s*agitent autour d'eux.
Un matin on annonça chez lui le jeune ma^ quis de Vareuil, qui depuis deux jours seulement était de retour d'un long voyage de trois ans à travers les villes de l'Italie et delà Sicile.
Edouard de Vareuil était un des ces mauvais sujets émérites, qui, à force -de soins et par une étude approfondie de tous les vices de bonne compagnie, se croyait parvenu au grade de roué, pure régence. Il était joueur, entretenait assez richement une danseuse, avait des chevaux , s'enivrait quelquefois , se faisait voir dans les théâtres à la mode et dans les salons du grand monde oii son apparition causait toujours une sensation dont il se montrait fier.
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Les femmes d'un âge mûr disaient à voix basse : Voilà ce roué de marquis de Vareuil ; et les jeunes femmes, curieuses de contempler un roué, le regardaient à la dérobée, le regardaient souvent, s'occupaient de ses faits et gestes, et dirigeaient vers lui le feu de leurs coquetteries, parce qu*il était roué et par cette seule raison.
Les unes s'aveuglaient à plaisir en se flattant de convertir un roué.
Les autres se laissaient entraîner à la fascination de VinconnUy au désir d'être pour quelque chose dans le péché du fruit défendu.
Eve, Eve! type étemel aussi vieux que le monde, il sufi&ra donc de te dire : Voilà le ma/, voici le péché, pour que tu veuilles t'avancer vers lui.
Le marquis de Vareuil était une sorte de serpent du paradis terrestre du dix-neuvième siècle ; avant ses voyages, le vicomte Charles de Baudrimont et lui, quoique peu liés en apparence, se rencontraient comme compagnons
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d'orgies secrètes, car le vicomte Charles désirait rester classé parmi les bommes destinés à faire de bons mariages, et ses vices conservaient un honnête extérieur.
— Gomment, c'est toi, mon cher Vareuil , s'écria Charles de Baudrimont, et d'oii diable viens-tu?
— Je peux dire d'oiî je viens, mais toi, où diable vas-tu?
— Comment, oii je vais?
— Oui , où vas-tu 5 j'arrive , espérant retrouva* le bon compagnon de mes plus belles années, je te cherche pour célébrer mon heureux retour. F'Uagê de bois, le numsiew se marie.
— Ah!.... c'est vrai, je me marie; mon pauvre voyageur.... voyons.... que trouvestu à redire à cela?
— Ce que j'y trouve à redire ?••... la demande est originale ; penses4;u que je voie avec plaisir les soutiens de l'armée des céli^ bataires passer au mariage, transfuges sans
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vergogne ; tu vas donc devenir bon époux et par la suite bon père ; sais-tu que tu arrives à être de plus en plus respectable, je n'oserai pas te saluer.
— Tais-toi, arehifou ; fais-toi donc du mariage une idée raisonnable; le mariage est une des fins de Thomme. C'est-à-dire que nous pourrions plutôt le nommer une renaissance^ Mes très^ionorés parents ne comprennent la nëcessîtéde la fortune que pour les gens mariés, 4onc jusqu'à présent ils m'ont tenu fort en bride. Un bon mariage se présente, mes ch^% parents délient leur bourse, les parents de ma future en font autant de leur côté , le roi me nomme gentilhomme de la chambre,, et... j'accepte.
• — Ainsi, mon cher Charles, ton mariage n'est ni un mariage d'amour ni un mariage de raison.
— Non, cent fois non, superbe incrédule; mon mariage est un mariage de déraison calculée ; le mariage me fait conquérir mon in* 1 25.
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dépendance et une position. Donne-moi six semaines pour mon mariage et ma lune de miel, et je suis à toi.
— Vrai...
— Très-vrai, penses-tu qu'il me conviendrait de m'enterrer dans les douceurs de la conjugalité; non, mon cher, non, il faut avoir une femme, parce que l'on est exposé à être malade, à voyager, à être ennuyé, et même, je crois à devenir vieux ; puis il est convenu que l'on doit avoir des enfants; alors une femme est bonne dans chacune de ces circon stances et je dirais qu'elle est indispensable pour le but de la progéniture ; mais je n'ai jamais conçu qu'une femme devint un geôlier.
— Bravo , bravo ! Ta future est-elle jolie?
— Elle est très-bien; elle a même dans l'expression de sa figure quelque chose qui me plairait beaucoup si je ne me mettais en garde contre la séduction de mon auguste. iîiture moitié. Je consacrerai notre lune de miel à me rassasier de tous les enivrements qu'il me
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sera permis de rencontrer, et j'espère ainsi me cuirasser contre Tavenir.
— Quand se fait le mariage, monsieur le futur gentilhomme de la chambre?
— Dans huit jours ; mais avant cette solennité nous avons une signature de contrat, à Foccasion de laquelle on se réunit; on montre la corbeille et les cinquante mille babioles dont une jeune femme est fière.
— Parce qu'ils sont comme les arrhes du prix dont on paye sa personne , ajouta fort tranquillement M. de Vareuil ; eh bien , j'irai à votre contrat, monsieur l'honmie réformé ; i'aime \ observer comme la bonne comjpiagme se complait dans le quasi-grivois de la situation matrimoniale.
— Tu seras fort édifié de l'air digne et grave, quoique amoureux et empressé, dont j'ai su me revêtir.
. — Dites-moi , monsieur le bon sujet, sommes-nous toujours un peu joueur? hantonsnous encore en secret les grands tripots , le