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UNE NUIT AU CHATEAU DE L06ERE

Àjpictus sum et humiliutus sum nimis : rugiebam a genùtu cordis mei.

Sepltin Psnlmi penitenlialef.

Le mois de juillet touchait à sa fin , la chaleur avait été accablante toute la journée , et depuis une heure des nuages qui s'amoncelaient à l'horizon présageaient un orage prochain ; l'air était étouffant , les oiseaux rasaient presque la terre de leurs ailes , et des tourbillons de poussière s'élevant en trombe , indiquaient au loin quelque roule perdue dans l'im-

mensité du paysage , qui se déroulait aux regards des deux côtés de la Loire. Tous les habitants des campagnes , enfermés dans leurs chaumières , calculaient avec désespoir les ravages probables de 1 ouragan , dont les signes certains les avaient contraints à chercher un abri.

Par moment la voix des animaux se taisait entendre en longs gémissements, et quelque bruit de cloche lui répondait comme une triste harmonie. Déjà deux ou trois éclairs avaient jeté leurs teintes blafardes sur les eaux du fleuve , que pas une barque ne sillonnait.

Deux paysans couverts de poussière descendaient en cet instant une petite colline dont la pente venait se perdre dans des massifs de verdure, d'où s'élevaient quelques toits pointus et les sommets de deux tours recouvertes de lierre.

— Kei'goul , dit l'un des voyageurs en s'adiessant à son compagnon , sais-tu quels sont les maîtres du château que nous apercevons entre ces arbres?

— Ma foi , monsieur , les gens du pays m'ont raconté que c'était la propriété d'une vicomtesse de Baudrimont.

Le voyageur qui avait parlé le premier tressaillit , et le son de sa voix parut légèrement altéré quand il demanda si la vicomtesse de Baudrimont habitait cette demeure , et quel nom avait le château.

- C'est, monsieur, le vieux château de Logeré. Oh ! allez il s'y est fait de bons coups dans la première guerre , mon père nous en a souvent parlé; mais aujourd'hui il n'y a rien à espérer de ses proprié-

taires, le père du propriétaire est un rouge, et le propriétaire lui-même.... tenez, monsieur, crojez-moi , il ne faut pas s'y fier; quoique sa femme soit, à ce que disent les habitants, une bonne femme bien douce et bien religieuse.

— Est- elle au château de Logeré , madame de Baudrimont?

— Oui, monsieur , elle y est arrivée depuis six semaines, avec un abbé de Paris , car elle a tout d'même de la religion , quoique son beau - père soit un rouge. C'est égal , si vous m'en croyez , monsieur Georges , nous n'entrerons point chez ces gens-là , et nous nous mettrons à couvert de l'orage dans quelque haie, comme cela nous est déjà arrivé si souvent.

— Je suis de ton avis, Kergoul , mais où trouver cette bienheureuse haie?

— Tenez , monsieur , en voilà une , à vingt pas d'ici, qui sera notre affaire , nous y serons comme clans une bonne cabane.

Kergoul et Georges de Minville , car c'était lui qui voyagait ainsi, évitant les grandes routes et les sentiers fréquentés, cherchant le moyen de rejoindre Madame, après avoir vainement disputé le terrain pied à pied dans les paroisses qu'il avait insurgées ; se blottirent dans le plus épais d'une fourré de broussailles qui les déroba à tous les yeux.

— Trouverons nous -un passage non gardé? demanda Georges à Kergoul.

— Sans doute, sans doute, monsieur, les gendarmes surveillent à une demi-lieue plus loin , et quand la nuit sera venue, nous traverserons l\ la nage en face deLogeré. Faut-il

avoir du malheur, être obligé de fuir devant les rouges, tout ça ne va pas, monsieur; jnabne pas les ordres et les contre-ordres, on nous a dit de nous armer, puis on nous a dit de ne plus nous armer, ça a mal fait, voyez-vous; vous n'avez eu personne, nous n'étions pas quinze gars de notre paroisse , et nous devions être plus de cent. Aussi nous nous cachons maintenant , mais à qui la faute ?

— La faute la faute murmura Georges, je sais mieux que toi d'où elle provient, Kergoul ; connais-tu Paris ?

— La ville qui fait les révolutions? oui, monsieur, j'en ai entendu parler.

— Et bien, c'est Paris, qui nous fait notre mauvais succès, nos amis

— Chut, monsieur, on marche tout près d'ici.

Georges et Kergoul se turent, la pluie tombait par torrents, le tonnerre grondait au loin, et la nuit approchait de plus en plus, cependant, avant qu'elle fût tout à fait venue, l'orage se calma, et les derniers rayons du soleil couchant dorèrent de reflets de pourpre les toitures mouillées du château de Logeré.

Du lieu où ils étaient cachés, Georges et Kergoul apercevaient une partie de la façade de cette habitation qui s'échappait des masses de verdures qui l'environnaient de tous côtés, pour venir mouiller le pied de ses tours dans la Loire ; une de ces tours surtout , semblait aux derniers rayons du soleil , une blanche baigneuse descendant des gazons du rivage, le lierre l'entourait, la serrait do ses branchages épais, et découpait ses flancs en mille broderies , une seule fenêtre dessinait

son ogive fleuronnée dans la pierre de ses murailles.

Les ombres du soir s'étendaient de plus en plus sur la campagne, quand à travers cette demi-obscurité , qui n'est pas la nuit et qui garde encore quelques souvenirs du jour, Georges crut apercevoir une figure de femme à la fenêtre de la tourelle , bientôt son incertitude devint une réalité : il n'en peut plus douter, c'est Marie elle-même, Marie plaçant quelques vases de fleurs sur le bord de son balcon.

Depuis deux ans il ne l'a pas vue , depuis la nuit du 29 juillet i83o, il lui a bien écrit, mais il n'a reçu d'elle aucune réponse; les fréquents voyages qu'il a faits , la nature de ses occupations exigeant presque impérieusement qu'il demeurât inconnu , il n'a osé se faire adresser de lettre nulle part, et

maintenant le voil^ cherchant de nouveau les dangers d'une lutte disproportionnée , proscrit, poursuivi par des soldats, et chassé de repaire en repaire comme une bête féroce. Peut-être ne reverra -t-il jamais Marie, la seule afFeclion , le seul amour de son existence, peut-être la mort'l'attend-elle au coin de la première route qu'il sera obligé de suivre.

Alors, une détermination inébranlable se fixe dans sa tête. Encore une fois, il doit lui parler; encore une fois, il entendra de sa bouche des mots d'amour : puis il aura fait ses adieux à la vie; il pourra mourir; il jettera sa destinée sans crainte au milieu des périls d'une guerre civile; il présentera sa poitrine aux balles des soldats et des gendarmes; mais il faut qu'il se retrouve avec Marie , la compagne de son enfance , sa sœur, la femme qu'il a

assez aimée pour la respecter dans une nuii d'abandon et d'amour.

L'obscurité arriva enfin; la lune n'était point «ncore levée. Quelques nuages légers , dernières traces de l'orage, fuyaient vers l'horizon.

— Kergoul , dit Georges , écoute-moi ; je vais te laisser seul dans cette haie. Tu m'y attendras jusqu'à deux heures après minuit ; si, à cette heure, je ne suis pas revenu , traverse la Loire : je te rejoindrai chez le lieutenant Dugué. Tu pourras le prévenir de mon arrivée.

Kergoul , déj^ à moitié endormi , se réveilla à ces paroles.

— 'Comment, capitaine, vous allez me quitter ;ceque vous faites n'est pas prudent;

vous ne connaissez pas le pays, et vous tomberez dans quelque embuscade,

— Sois sans crainte , Kergoul ; ce que j'entreprends, il faut absolument que je l'accomplisse ; je ne puis ni te dire quelle affaire m'appelle , ni te permettre de m'accompagner. Mais tu peux te reposer sans inquiétude; je n'ai pas à redouter l'ombre d'un danger.

— Comme vous voudrez, capitaine; mais défiez-vous. Je vous attendrai ici jusqu'à deux heures ; puis , si vous n'êtes pas venu , je me rendrai de l'autre côté de la rivière, chez le lieutenant Dugué.

— A bientôt, Kergoul.

— A bientôt , capitaine.

Georges sortit du fourré avec les plus II. 24

grandes précautions : pliis peut-être dans la crainte de trahir le fidèle Breton qui lui servait de guide , que par peur d'un danger quelconque.

D'arbre en arbre, de fossés en fossés, il s'approcha assez du château de Logeré pour en apercevoir les moindres détails. La fenêtre de la tourelle était toujours ouverte ; mais personne n'occupait la chambre à laquelle elle appartenait; toutes les lumières du château semblaient concentrées au rezde-chaussée ; les étages supérieurs restaient dans une obscurité profonde. Georges supposa que la chambre habitée par Marie devait être celle à la fenêtre de laquelle il l'avait vue; sans cela, pourquoi Marie aurait-elle arrangé des vases de fleurs sur le balcon? Ces indices, et une sorte de certitude inexplicable , ne lui laissèrent pas le moindre doute à cet égard.

Alors il se rapprocha encore plus du château, et reconnaissant la possibilité d'atteindre , en s'accrochant aux lierres , le balcon de cette chambre, quoiqu'il fût, pour ainsi dire , suspendu au-dessus de la rivièra, il se hasarda à tenter cette entreprise. Avant de commencer cette périlleuse ascension, il s'assura, par un coup-d'œil rapide et investigateur, que nul être vivant ne pouvait l'apercevoir; puis, employant sa force et son adresse, il s'éleva , non sans peine , jusqu'au but qu'il s'était proposé d'atteindre.

Ce fut avec un tremblement plein de bonheur qu'il mit enfin le pied sur le balcon, où il avait reconnu Marie. La chambre qu'il avait maintenant devant les yeux était bien la sienne; ses albums, sa musique, s'y trouvaient rangés dans cet ordre coquet et gracieux qu'une femme

seule conçoit. Un prie- dieu et un crucifix occupaient un enfoncement de la muraille; c'était encore sa chambre de jeune fille : tout y était frais et exhalait un parfum enivrant à respirer.

Le lit venait d'être préparé : les vêtements que Marie avait coutume de prendre pour la nuit reposaient étendus sur un fauteuil ; sa toilette du sommeil était prête , et ce lit , ces vêtements , cette toilette préparés , agitèrent Georges d'un éblouissement corrupteur. Il se précipita comme un insensé sur foreiller que la tête de Marie avait touché; il pressa de ses lèvres la mousseline et la bapliste qui enserraient le beau corps de cette jeune femme; et dans l'espace de quelques minutes il s'abreuva de plus de voluptés qu'il n'en avait encore été départi à tout le reste de son existence.

Son cœur battait avec force dans sa poi-

tiine; ses forces semblaient comme anéanties; l'excès du bonheur l'avait rendu semblable à un enfant; ses yeux versaient des larmes; il fut obligé de s'asseoir sur un petit canapé qu'il trouva près de lui.

Cependant dix heures sonnèrent , le mouvement qui s'opérait au rez-de-chaussée l'avertit que les habitants du château de Logeré se préparaient à regagner leurs chambres , il lui fallut alors chercher une cachette qui le dérobât à tous les regards , qui lui permit de s'assurer, avant de se montrer à Marie , que tout était calme et endormi dans le château ; et qu'il n'y avait plus à craindre qu'un premier cri de surprise poussé par elle à sa vue, n'attirât les domestiques encore debout.

Un cabinet à porte vitrée s'ouvrait près-

que en face du lit de Marie, Georges eut bien vite examiné s'il pouvait s'y placer de façon à n'être point aperçu , un rideau y servait à recouvrir quelques robes , et ce fut derrière ce rideau qu'il se glissa respirant à peine , à l'approclie de pas légers qui se firent entendre , il eut soin de se ménager un jour à travers les toiles qu'il entassait sur lui , pour voir au moins Marie , pendant les minutes d'attente qu'il devait accorder à la prudence.

Marie arriva enfin, elle était pâle et paraissait abattue , une sorte de trouble nerveux se lisait sur sa figure , elle tressaillait par instant, et alors ses joues se revêtaient d'un rouge foncé dont l'éclat ne durait qu'un instant ; elle se laissa déshabiller par sa femme de chambre sans dire un mot, aidant machinalement aux soins que l'on prenait d'elle, comme une

personne dont l'esprit serait absorbé par quelque pensée intérieure. Quand elle se trouva seule , elle laissa tomber sa tête sur ses mains , et les coudes appuyés sur sa cheminée, elle demeura ainsi l'espace de dix minutes.

Un bruit léger retentit à l'extrémité du corridor qui aboutissait à sa chambre, Marie se releva subitement , et joignant les mains elle se mit à genoux sur le coussin de son prie-dieu.

Dix autres minutes se passèrent dans cette méditation, et déjà tout reposait dans le château de Logeré, toutes les lumières étaient éteintes , tonte animation avait cessé , on entendait seulement à travers la fenêtre ouverte le léger frémissement des arbres agités par le vent du soir.

Georges qui suivait d'une oreille atten-

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tive le progrès du silence, avait mis sa main sur le bouton de la petite porte vitrée , il se préparait à prévenir la surprise de Marie , quand trois coups frappés à la porte de la chambre le firent rentrer dans sa cachette.

— Entrez , cria Marie d'une voix faible , je suis seule.

C'était monsieur de Baudrimont , qui sitôt qu'il fut entré, éteignit sa bougie et vint s'asseoir sur le canapé , attirant près de lui sa tremblante jeune femme.

— Vous m'avez donc pardonné , Marie , lui dit-il, vous voulez donc bien oublier ce triste passé qui nous a fait à tous deux une vie si malheureuse. Oh ! vous êtes mille fois bonne ; malgré mes erreurs vous revenez vers moi, et vos lèvres ne me font

pus entendre un mot de reproche, et pour me relever du découragement profond dans lequel j'étais plongé, vous me parlez ce langage si doux et si consolateur des premiers jours de notre mariage. Vous n'avez donc pas perdu toute la tendresse que jadis vous eûtes pour moi?

— - Non, Charles, répondit Marie, non , je me suis toujours souvenue que j'étais votre femme, et quand je vous ai su malheureux, j'ai voulu adoucir vos malheurs, je suis venue reprendre ma place près de vous.

— Merci, ma bien aimée Marie, c'est vous , vous, mon ange gardien, qui m'arrachez aux folies de ma vie passée ; désormais nous habiterons ce château peuplé déjà de si doux souvenirs, que ceux de cette belle nuit vont encore augmenter.

Charles de Baudrimont entoura sa femme de ses deux bras, et la pressant fortement sur son cœur, il couvrit son front de baisers brûlants.

Marie voulut vainement se soustraire à ses caresses, mais sa faible résistance dut céder devant l'ardeur de son mari.

— Oh ! laisse-moi , lui disait-il , laissemoi , Marie, te montrer tout mon amour ; depuis que tu es venue me retrouver ici, tu as employé toute ta bonté, toute ta tendresse adorable, h me prouver que ton cœur savait pardonner; ce soir, pour la première fois, tu m'as permis de renouveler ces heureuses nuits de notre premier séjour à Logeré, veux-tu maintenant reprendre tes promesses , regrettes-tu de les avoir faites , parle , ma bien aimée ?

Marie, d'une voix mourante , répondit ;

Je ne regrette rien , Charles , maïs songez aussi à vos promesses , et si je vous apportes le bonheur , consentez à vivre près de moi , loin du monde qui vous a fait tant de mal.

— Oui, oui, Marie, près de toi, ici, à Logeré, mes jours s'écouleront doux et paisibles. Oh ! mon ange aimé , prouve-moi , aussi, que ton amour n'est pas un vain mot ; ne demeure pas froide et insensible entre mes bras. Rends-moi un decesbaisers qne mes lèvres prodiguent aux tiennes.

— Prends garde , Charles , tais-toi ; j'ai cru entendre du bruit dans mon cabinet, ma femme de chambre y est peut-être revenue par la porte du corridor.

— Non , c'est le vent qui soulève les rideaux de ta fenêtre. Marie , me laisseras-tu

demander en vain le pardon de tes lèvres ; leur baiser me purifiera.

Marie renversa sa tête sur l'épaule de son mari, et sa dernière résistance s'éteignit : ses lèvres répondirent aux lèvres qui les cherchaient. Mais bientôt Charles de Baudrimont se releva , enlevant sa femme dans une étreinte passionnée. On entendit encore quelques paroles jetées dans le délire du bonheur, au milieu du silence de la nuit ; puis on n'entendit plus rien.

La lune s'était levée ; sa blanche lueur éclairait la chambre de Marie : quatre heures sonnèrent , et la porte du cabinet vitré s'ouvrit sans bruit.

Georges en sortit , semblable à un mort rappelé du tombeau par la trompette du dernier jugement. Ses joues et ses lèvres ne conservaient plus aucune couleur; ses yeux

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fixes s'étaient injectés de filets de sang , et cependant nul tremblement n'agitait sou corps.

Il s'approcha du lit où la femme qui lui avait juré de n'appartenir qu'à lui, reposait entre les bras d'un autre homme. Il la contempla longtemps, et sa bouche se contracta d'un sourire amer ; puis, retirant de son doigt l'anneau qu'elle lui avait donne , il le replaça au doigt de cette femme.

— Mensonse infâme ! murmura-t-il.

Ayant ainsi dit adieu à toutes ses croyances, aux plus pures illusions de sa vie, Georges regagna la'fenêtre de la chambre, et redescendit ainsi qu'il était monté, en s'accrochant aux lierres et aux fentes de la muraille. Un léger bruit se fit entendre quand il s'élança dans la Loire pour

rejoindre chez le lieutenant Dugué son guide, qui l'y avait probablement devancé.

Un quart d'heure après que Georges eut quitté la chambre , Marie s'éveilla subitement, et serrant le bras] de son mari :

— Charles, Charles, lui dit-elle, avezvous entendu un coup de fusil

— Calmez-vous, enfant, lui répondit-il, c'est sans doute ^quelque braconnier qui chasse aux environs.

Marie laissa retomber sa tête sur son oreiller , les lèvres de son mari fermèrent ses beaux yeux , et elle se rendormit.

Le lendemain, les gendarmes apportèrent au village, le corps d'un chouan

qu'ils avaient tué, comme il cherchait à éviter leur poursuite en traversant la Loire.

Marie avait trouvé à son doigt la bague que Georges y avait déposée comme adieu, quelques traces d'escalade contre le mur de sa fenêtre lui apprirent toute la vérité , elle vit le cadavre froid, de celui qu'elle avait tant aimé , et la vie l'abandonna peudant quelques heures.

Deux jours plus tard , l'abbé Barré célébrait en pleurant l'office des morts , et Marie répondait du fond de son àme à ces dernières prières que prononce la terre pour ceux qui ne sont plus.

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