‹ Mademoiselle de VerdunChapitre 20 sur 22 · II · texte numérisé non relu

II

il est encore au milieu des batailles, il a suivi Madame en Vendée.

— Comment je le trouverai , ma fille ? croyez-vous que le prêtre tremble à la vue des combats; non! non! Marie, le prêtre a, lui aussi, des blessés à soigner sur les champs de bataille, et les coups de fusil ne l'effrayent pas pour parvenir jusqu'à eux. J'irai n'importe où sera Georges, et je l'arracherai au trouble des passions humaines 5 et j'apaiserai son cœur.

— Vous le briserez , mon père , mais vous ne l'apaiserez pas.

— Alors, je lui dirai le courage avec lequel vous aurez souffert, afin de n'être pas éternellement séparée de lui, et son courage se relèvera. A partir de ce jour, vous devenez mes deux enfants, je consacre

les dernières heures de ma vie h tâcher de faire la vôtre moins douloureuse; je souffrirai de toutes vos peines, je pleurerai toutes vos larmes, et je prierai pour vous deux et avec chacun de vous.

Marie leva vers l'abbé Barré un regard d'une indicible reconnaissance.

— Séchez vos pleurs , mon enfant, votre oncle va bientôt rentrer , ne lui montrez point un chagrin que vous ne pourriez lui expliquer avec vérité ; remerciez -le d'avoir sauvé le nom de votre mari, compromis dans de honteux emprunts ; de vous avoir mise à même de revenir vers lui comme l'ange du pardon , en eifacant toutes ses fautes. Bientôt nous serons au château de Logeré , préparez votre cœur à ce moment solennel.

— Quand partons-nous donc, monsieur?

demanda Marie d'une voix tremblante et effrayée.

— Demain , mon enfant, répondit l'abbé Barré.

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