‹ Mademoiselle GogoChapitre 25 sur 47 · M'ie Vestris avait été reçue en · texte numérisé non relu

M'ie Vestris avait été reçue en

3. La pièce avait été représentée en 1172. « Sans doute, disait le bon Ducis dans sa préface, il est dangereux de donner au théâtre l'exemple du suicide, mais j'avais à peindre les effets des haines héréditaires, et c'est sur cet objet seulement que j'ai voulu fixer l'attention du spectateur. Je crois inutile de m'étendre ici sur les obligations que j'ai à Shakespeare. »

iG6 MADEMOISELLE GOGO

Les Druides n'ont réussy que par le bruit que la prêtraille* avait fait autour. La preuve, c'est que, à la deuxième et à la troisième représentation, il n'y avait personne; cependant les corrections étaient faites. Pour celle-cy, je ne crois pas que Ton puisse exciter la curiosité de ceux qui n'étaient pas au spectacle ni faire changer d'opinion ceux qui y étaient. Il n'y a point descènes à transposer, point de changement à faire qui puisse être avantageux, même point de longueur à supprimer qui puisse restituer un intérêt jqui ne s'y trouve pas. Voilà ce que je pense sur l'ouvrage, sans penser à celuy qui l'a fait. Je suis juste et distingue toujours la personne que je n'aime point d'avec l'ouvrage qui me plairait, s'il était bon. Je vous prie, mon cher camarade, de lire ma lettre à rassemblée, n'agissant jamais en cachette, et croyant mon sentiment trop bien fondé pour ne pas le

1. Les Druides, tragédie de Le Blanc (1772'. L'opposition du clergé à cet ouvrage finit par déterminer une curiosité dont il profita. On sait que Tarchevêque de Reims, M. de la Roche- Aymon, fut un des adversaires les plus déterminés des Dnndes, et il parvint à obtenir du roi la promesse que la pièce terminerait sa carrière avec la clôture de Pâques. Avant que l'influence du duc d'Orléans levât les obstacles à la représentation, Gondorcet écrivait à Turgot : « On ne veut pas permettre une tragédie ,des Druides parce qu'on s'y élève contre les sacrifices de sang humain, ce qui choquerait les assassins de La Barre... Les théologiens que M. de Sartine consulte sur la comédie trouvent très mauvais que l'auteur n'ait pas mis des chrétiens dans les Gaules au temps de César et qu'on n'oppose que la raison au fanatisme des Druides. Quand on raisonné si mal, on est sûr d'avoir raison. »

dire hautement. Je suis votre servante. — De Bellecour'.

La soubrette, transformée en juge littéraire, montre là son caractère, qui n'est point porté aux atermoiements. On la voit aussi décidée dans les questions matérielles. L'affaire de la construction de la nouvelle salle traîne depuis longtemps; l'exécution de l'arrêt du Conseil de 1771, qui a accordé trois cent mille livres aux comédiens, est remise en question; les compétitions empêchent les projets d'aboutir, et, moins on igit, plus ces projets (chacun d'eux est soutenu par une haute intluence et M""*' du Barry, elle aussi, intervient) se multiplient. On risque de s'éterniser à la salle des Tuileries. M""'' Bellecour donne expertement son avis sur des ventes otdes achats de terrains. Elle est, avec Lekain, l'instigatrice du mémoire remis au maréchal de Richelieu contre le droit d'entrée gratuite au spectacle que s'arrogent les officiers de mousquetaires (oii est le temps où elle avait plus d'indulgence pour les militaires!). Elle est mêlée h toutes les discussions qui causent alors tant de tiraillements dans les affaires de la Comédie ;

Page 1