Charrois. Coshnnrs et annales des théd/res de l*aris
Ces jours passés, on vint dire à l'Amour
Qu'une beauté qui lui ressemble
Dont les yeux blessent chaque jour
Plus de mortels que tous ses traits ensemble
Vive, enjouée, et tendre tour à tour...
— Tendre, dit-il, je connais bien ma cour Telle beauté n'est pas commune
Dans mes Etats, je n'en vois qu'une.
C'est Beauménard, ou je m'y connais mal.
— Oui, reprit-on, est-il une autre belle Qui, dans Paris, tient votre tribunal?
Sous vos habits que d'amants la friponne Va désormais enchaîner sous sa loi
— Mais, dit l'amour, il faut qu'on lui pardonne Chacun va la prendre pour moi*.
Le répertoire de Marivaux, dans lequel elle >'essaye aussi, n'est pas fait pour elle, cependant : elle a une gaîté trop épanouie, qui trouve mieux son compte dans Molière et dans Regnard. Mais elle a des partisans si déterminés qu'il s'en faut de peu qu'ils ne déclarent que c'est la faute de Marivaux si elle ne réussit point dans son théâtre avec autant de bonheur que dans ses autres rôles. Par contre, elle triomphe dans Zerbinette des Fourberies et dans le Bourgeois gentil homme. « Les personnes qui lui ont vu jouer Zerbinette